•       Aujourd’hui encore, à l’ère de la technologie avancée et du passeport biométrique, des hommes et des femmes, libres comme l’air, passent d’un pays à l’autre sans présenter aucun papier, perpétuant ainsi des habitudes ancestrales : ils ne le font pas pour braver la loi mais parce que, pour eux, les mots "frontière" et "pays" ne veulent rien dire. La scène qui, pour moi, visualise cet état de fait est la suivante : on vient de faire une randonnée côté atlantique, près de la frontière avec le Panama, sur les contreforts de la cordillère de Talamanca ; assis sur des pierres au bord d’une rivière, on casse la croûte ; absorbés par notre activité "physique", on ne les a pas entendus ; et pourtant ils sont là, sur le sentier tout près de nous, arrivant silencieusement. Comme on les salue, ils s’arrêtent pour nous répondre. Ils ne portent pas les habits traditionnels mais, presque comme vous et moi, pantalon, longue robe, T-shirts et… bottes (à cause des serpents !). La femme reste un peu en retrait et ne parle pas. L’homme semble avoir une petite quarantaine d’années et s’exprime en espagnol, avec douceur. On apprend qu’ils sont venus ici pour vendre leurs produits et qu’ils vont marcher six heures, "avant de rentrer chez eux", dit-il en montrant la montagne côté panaméen. Sans s’attarder en paroles inutiles, ils repartent d’un pas tranquille sur le sentier qui disparaît dans la forêt. Aucun de nous ne s’est hasardé à leur apprendre qu’ils commettaient un acte puni par la loi en franchissant ainsi la frontière : leurs ancêtres, les guerriers Bribris, ont été chassés de la belle plaine fertile de Limon et repoussés dans ces rudes montagnes  par les conquérants espagnols, alors nos lois et nos frontières… 

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          Mais commençons par le début, flash-back ! après trois mois de séjour au Costa Rica, il faut sortir trois jours du pays si on veut pouvoir y séjourner à nouveau trois mois (sympa comme règle et facile à respecter : les lieux à visiter ne manquent pas dans la région !). Nous avions donc décidé d’aller à Bocas del Toro au Panama : les îles et la mer caribéenne pour le farniente, la forêt pour marcher. Le passage de la frontière se fait côté Atlantique, à Sixaola, de façon un peu artisanale (si on compare à Paso Canoas, côté Pacifique) : peu d’officiels, et pas toujours surchargés de travail !, pas de files interminables de camions, bus ou 4X4, et un franchissement de frontière folklorique, par l’intermédiaire d’un pont bois-métal  jeté sur le rio, en faisant attention où on met les pieds tellement les planches sont disjointes. Par contre, la bureaucratie moderne y a conservé tous ses  droits : une heure et quart pour faire 300m, des papiers à présenter ou à remplir, des taxes d’entrée ou de sortie à acquitter.

            Pour nous reposer du voyage en bus (9h depuis San Jose… que le métier de touriste est pénible !), nous avons choisi de commencer par une visite à Bocas del Toro qui se trouve sur l’île Colon : la traversée en ferry depuis Almirante prend 2h ; vous avez bien le temps d’admirer les lanchas rapides qui, ne vous laissant qu’un sillage d’écume, emportent en trois fois moins de temps les ricos protégés des embruns par des bâches colorées. Bocas est une petite ville qui a conservé beaucoup de charme : maisons en bois aux couleurs ensoleillées, rues où l’on peut flâner l’oreille enchantée par des rythmes musicaux changeants, restos laissant échapper des effluves salées-sucrées. Après avoir entendu parler d’une plage magnifique dans le nord de l’île, on se met en quête d’un transport public, mais il nous passe sous le nez, plein à ras bord, car ici les gens du cru ont la priorité sur les touristes (pourquoi pas ? eux, ils travaillent) ; ce n’est pas grave puisqu’un taxi collectif arrive comme par enchantement pour nous "cueillir". Serrés comme des sardines, nous voilà partis à tombeau ouvert sur une piste en terre ; on a beau dire qu’on est en vacances, qu’on a tout notre temps, le roi du pick-up fou veut nous montrer qu’il est le meilleur ; voyant à quel genre de zèbre on a affaire, je verrouille la porte de mon côté parce que, dans les virages… je cherche aussi la ceinture de sécurité, vainement.  Mais voilà qu’apparaît le minibus parti avant nous : c’est vrai qu’il se traîne, le mec ! et le nôtre va bien être obligé de ralentir… Penses-tu, il lève à peine le pied et le laisse sur place dans un nuage de poussière ! Après 15 kms de mauvais traitements, on est contents de retrouver la terre ferme. L’endroit s’appelle la playa del  Drago (si les dragons vivent toujours dans des endroits pareils, je veux bien passer le reste de mon existence à leur tenir compagnie) : palmiers bruissant doucement au vent, plage de sable couleur crème que l’on peut voir encore s’étendre mollement sous l’eau transparente, une vraie carte postale dans laquelle il nous a été bien agréable de faire la planche.

          Le lendemain, changement de décor : on a "notre" Rendez-vous en terre inconnue ! Depuis que je viens traîner mes guêtres dans le coin, je rêve de rencontrer des Amérindiens : ce sont les descendants des peuples qui vivaient ici quand débarquèrent les conquistadors ; ils ne représentent plus que 5 à 10% de la population et vivent dans des endroits reculés, plus ou moins bien traités suivant le pays auquel ils appartiennent. Aux abords de notre hôtel, comme toujours, allaient et venaient des rabatteurs : l’un se dit  "spécialisé" dans les excursions pour aller voir les baleines ou les dauphins au large ; l’autre vous assure que sur son bateau vous pêcherez des poissons grands comme ça ; mais nous, ce qui nous enchanterait ce serait de rendre visite aux Guaymi : ils vivent de part et d’autre de la frontière avec le Costa Rica. Et là, après quelques réponses dubitatives ou regards franchement incrédules (Vous croyez que ça va être intéressant ? vous savez, je suis du coin et je n’ai jamais pu y aller), on tombe sur un type qui cherche des clients pour un "tour du cacao" : ça c’est impeccable parce que, justement, les Guaymi sont parmi les initiateurs de la culture du cacao dans la région ; on lui explique donc que son tour du cacao on est prêts à le faire mais chez les Guaymi ! il ne lui reste plus qu’à nous trouver un "contact"… et le mec de s’activer avec son portable, mettant à contribution famille et amis (pendant ce temps, nous, bande d’égoïstes, on mange !). Il finit par l’avoir son numéro (déjà ça, pour nous, c’est une découverte : les Guaymi ont des portables !) mais il est sur messagerie : comme c’est la St Valentin, un petit malin glisse que "Tal vez, el maje esta en la cama con su novia" ; Pablo, le rabatteur, apprécie modérément… On se quitte sans "contact" mais : "Vous verrez, demain à 9h il sera là".

          Promesse tenue ! Il est là, devant nous, tout sourire : Mauricio, la cinquantaine, habillé comme vous et moi, parle un espagnol parfait ; il nous explique qu’hier il avait laissé de côté son téléphone parce que c’était l’anniversaire de sa fille (voilà au moins quelqu’un qui a du savoir-vivre en famille !). Il a déjà appelé un taxi de sa connaissance qui nous attend en bas de l’hôtel ; on prend la route en direction de David puis, après une dizaine de kms, un chemin goudronné sur la droite qui s’enfonce dans une vallée herbeuse et boisée. De temps en temps, on aperçoit quelques maisons en bois brut et des gens qui s’activent puis à nouveau un calme paisible et la nature dans toute sa splendeur : végétation exubérante et très verte, beaucoup d’oiseaux voletant sans crainte près de nous. Puis la vallée se resserre et apparaît le "village" : quelques maisons sur pilotis placées ça et là dès les premières pentes à droite, deux constructions plus importantes en ciment (l’école et le foyer communal) et quelques parcelles de type "jardins". Mauricio commence par nous fournir un solide bâton car il va falloir maintenant gravir peu à peu la colline escarpée où sont plantés les cacaoyers, et le terrain se révèlera glissant par endroits. Au fur et à mesure de notre progression, il s’arrête pour nous montrer telle plante dont les feuilles par simple application diminuent l’inflammation due aux piqûres d’insectes ou telle autre qui, si on en mâche régulièrement, empêche la formation d’aphtes dans la bouche. Il nous apprend aussi l’usage particulier que font les Guaymi de l’indio desnudo, arbre très connu dans la région, qui se débarrasse de sa première écorce tendre à une certaine époque de l’année (et par la même occasion des insectes éventuels qu’elle héberge) : ces Amérindiens récupèrent la 2è écorce, plus dure, et l’utilisent en infusion pour diminuer leur taux de cholestérol ! puis, surprise : devant un tiquisque aux feuilles en forme de cœur, il nous apprend qu’elles feront partie du repas à la fin de la visite…

          Après ces propos en forme d’apéritif, il en vient à nous conter par le menu comment se pratique la culture du cacao et là, dès le début, une constatation s’impose à moi qui vis dans une région vinicole : même importance du terroir pour obtenir la saveur désirée, même goût pour le travail bien fait en vue de diminuer les risques de maladies, même conscience fière d’avoir acquis un savoir-faire précieux au cours des siècles.

           En effet, dès leur arrivée ici,  les Espagnols découvrirent que cette boisson se consommait lors de fêtes religieuses pour honorer les dieux (d’où le nom de "bebida de los dioses") ; ils l’assimilèrent à une fontaine de jouvence éternelle et l’importèrent en Europe. Bien avant eux, les Amérindiens avaient perçu l’intérêt de cultiver les cacaoyers puisqu’ils utilisaient les fèves du fruit comme monnaie  dans leurs échanges commerciaux. A une époque plus récente, presque toutes les terres d'Amérique centrale pouvant produire du cacao tombèrent peu à peu sous la coupe de grandes entreprises nord-américaines qui développèrent une production plus intensive ; mais le cacaoyer s’y prête mal : c’est une plante fragile qui a besoin de soleil (mais pas trop et pas trop fort, sinon il sèche sur pied) et d’eau (mais quelques heures par jour seulement sinon il développe champignons et maladies). Après avoir tenté en vain de régler par des moyens agro-chimiques les problèmes induits par ce système productif, ces multinationales abandonnèrent la partie à la fin de leur contrat de concession. Et les petits propriétaires locaux purent reprendre cette culture ancestrale avec leurs règles : espacer les cacaoyers pour favoriser une bonne circulation de l’air, maintenir une végétation peu haute au sol pour réduire l’évaporation tout en évitant l’érosion, planter ça et là d’autres arbres plus grands pour protéger les cacaoyers du soleil et attirer les animaux (comme les singes, les chauves-souris, les insectes) qui, eux aussi, raffolent  du cacao ! Le succès est au rendez-vous, même si toutes les maladies apparues avec la culture intensive n’ont pas disparu : Mauricio nous apprit que la production de sa communauté était vendue jusqu’en Suisse…

           La fabrication du cacao commence par la récolte des cabosses mûres (fruits de forme oblongue aux couleurs variables) : ells contiennent des rangées de grosses fèves, enveloppées d’une chair au goût suave ; on extrait le tout pour le faire fermenter quelques jours sous un manteau de feuilles ; puis vient le séchage en plein soleil qui dure une petite semaine et permet de séparer facilement la chair de la fève (C’est à ce stade que Mauricio et sa communauté vendent leur production) ; pour nous permettre de goûter son cacao, sa femme fit torréfier des fèves dans une poêle sur un feu de bois : le goût est très amer. Pour obtenir un "chocolat" 100% cacao, elle écrasa avec une grosse pierre ronde les fèves torréfiées placées dans une autre pierre concave (énorme celle-là !), ajouta un peu de lait en poudre ( !) et de sucre ; la pâte obtenue était moelleuse avec quelques pépites plus amères, un délice !

    Le cacao des Guaymi du Panama ( Pierre MARCET avec Vimeo).

     

          Après le repas, constitué de poulet, de tiquisque et d’igname, nous avons passé une partie de l’après-midi avec Samuel, l’initiateur du "Tour du cacao" et l’un des membres les plus actifs de la communauté. Il nous fit part du désintérêt du gouvernement panaméen pour les premiers habitants du pays : à un niveau très "terre-à-terre" (si on peut dire), on peut constater que, dès la sortie du village, le chemin n’est plus goudronné et se transforme en ornières à la première pluie ; à un niveau plus  culturel, force est de constater que la langue traditionnelle n’est pas enseignée dans les écoles. Il nous précisa par ailleurs que les bénéfices générés par le tourisme sont affectés à l’éducation, à la santé, à des projets collectifs et aux personnes ayant concrètement participé à l’accueil des touristes. Nous avons été émus par ces gens qui cherchent des solutions originales pour améliorer leur niveau de vie tout en respectant soigneusement la nature qui les entoure et qui se sont organisés solidairement pour inciter le plus grand nombre à y participer.

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    POUR RENDRE VISITE aux GUAYMI du PANA MA :

     _ On les appelle aussi Ngöbe ; leur village, RIO OESTE ARRIBA, se trouve à quelques kms d’ALMIRANTE, sur la droite de la route qui va à DAVID.

     _ Il vaut mieux passer par un guide officiel qu’ils connaissent pour faciliter le contact : s’adresser à l’hôtel  La Preferida à Almirante ; demander Pablo Quintero. On peut aussi le contacter par téléphone : (00 507) 63 72 76 57, portable ou 758 3446 (COOPEGUITOUR : Bureau des guides de tourisme de Bocas del Toro, Panama) ; par mail : rey198917@hotmail.com ; il a aussi un compte Facebook.

    _ Numéro de téléphone de Mauricio, notre guide guaymi : (00 507)69 64 11 46

    _ Numéro de téléphone de Solomon, qui s’occupe de faire connaître leur Association OREBA sur Internet (Facebook, Tripadvisor, etc…) : (00 507) 66 49 14 57

     POUR EN SAVOIR PLUS sur les GUAYMI :

     

     http://www.hablayapanama.com/fr/ecotourism/bocas-del-toro/cacao-plantation-tour/  (avec traduction en français)

     http://www.gobluecentralamerica.org/content/oreba-chocolate-tour-in-rio-oeste-arriba-almirante-bocas-del-toro

     http://www.tripadvisor.com.mx : puis demander « oreba chocolate tour »

     http://es.wikipedia.org/wiki/Ngöbe

     http://www.barublackmountain.com

     


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  •         Connaissez-vous l recette des chaussettes au vin blanc? Non… je m’en vais vous la conter. Vous emballez soigneusement, dans du plastique à bulles, trois bouteilles de vin français : rouge, blanc et rosé ; vous les placez tête-bêche dans un… carton à chaussures (Pourquoi donc ? eh, bêta ! pour mieux protéger le divin breuvage) ; vous déposez le tout au centre d’une grosse valise en partance pour le Costa Rica. Pour plus de sécurité (ou de confort ?), vous remplissez les interstices entre les différents paquets avec vos chaussettes préférées (ça marche aussi avec les T-shirts et les slips) ; vous confiez le tout au personnel d’un quelconque aéroport, qui saura vous le catapulter dans tous les sens avec dextérité. Récupérez votre bien avec soin à la sortie du carrousel… vous percevez déjà de délicates effluves fruitées ? Cela ne vous surprend pas : les manguiers aux abords de l’aéroport ont sans doute fleuri plus tôt cette année. Laissez passer la nuit, tranquillo ! Demain sera bien assez tôt pour ouvrir la pochette surprise…

         A ceux qui pensent que je viens ici pour me la couler douce, je précise que, à peine arrivé, il m’a fallu trier un enchevêtrement de métal et de bois dans le terrain de Mayela : tout ce qu’il restait d’une serre que j’avais construite en 2010 et que les orages tropicaux avaient bien amochée ; le coup de grâce lui avait été donné par une énorme branche tombée de l’arbre voisin par une nuit quelque peu ventée. Adieu donc tomates, poivrons et autres salades ! Avec la fin de la saison des pluies, il a fallu aussi monter sur le toit pour dégager tout ce qui s’était accumulé dans les chenaux et dans les recoins ; reste à passer un coup de peinture après avoir enlevé les traces de rouille. Les retraités de ma connaissance qui s’ennuieraient en France sont les bienvenus ici pour donner quelques coups de machette contre la végétation envahissante, soulever les branches énormes qui encombrent encore le passage ou planter de nouveau dans les endroits qui ont été abimés.

        Après ¨Le travail c’est la santé¨, se promener c’est la conserver… On a essayé de mettre cela en pratique en allant visiter le Parc national du Tenorio. Depuis Alajuela, il faut prendre l’Interaméricaine en direction de Liberia ; on ne peut pas aller très vite car elle est utilisée par beaucoup de bus et de camions, et il n’est pas toujours facile de les doubler. On en a profité pour admirer les champs de canne à sucre en fleurs près de Limonal : la plante s’orne dans sa partie supérieure d’un grand panache de couleur beige qui ondule au gré du vent ; ce n’est qu’après cette floraison que la canne à sucre va commencer à croitre en diamètre. Juste après Canas, on bifurque à droite en direction de Upala ; Bijagua n’est plus qu’à 45kms, un peu plus d’une demi-heure de route. C’est un gros bourg qui aligne ses boutiques de part et d’autre de la rue principale ; celle-ci, comme dans presque tous les villages costaricains, compte aussi deux ¨muertos¨ (ralentisseurs) pour freiner les ardeurs des jeunes …et moins jeunes, du coin. A la sortie du village, un panneau officiel indique à droite ¨Parc national Tenorio 9 kms¨. Commence alors une piste pierreuse assez inconfortable pour qui n’a pas un véhicule doté de bons amortisseurs ; elle comporte aussi quelques rampes mais courtes et, Dieu merci, sans ornières : à la saison des pluies (Mai-Juin et Septembre-Octobre), je ne m’y hasarderais pas sans 4x4. Au début de la montée, on a vu des toucans de Swanson se gavant de petits fruits ; notre présence n’a pas eu l’air de beaucoup perturber leur festin. A mi-parcours, d’autres touristes nous ont dit avoir vu des paresseux : c’est vrai que les guarumos (l’arbre préféré des paresseux : grandes feuilles peu nombreuses, écorce en bandes larges presque lisses) abondent tout au long du trajet. A 2 kms du but, sur la gauche, arrive la deuxième piste qui permet d’accéder au Parc : elle monte depuis San Rafael de Guatuso, à l’est. L’entrée se trouve au lieudit El Pilon ; en échange de 5 000 colones, le garde-forestier vous remet un plan succinct mais suffisant (vous ne risquez pas de vous perdre). Le sentier est loin d’être facile (6kms aller-retour > 3 heures) : parties en escalier, racines d’arbres omniprésentes, boue quand il a plu les jours précédents. On rencontre d’abord une cascade : ce qui est impressionnant, ce n’est pas sa hauteur, mais le volume d’eau qu’elle déverse dans une vasque où peuvent se baigner facilement 15 à 20 personnes. La balade se poursuit par le passage au mirador avant d’arriver à l’ endroit où nait le Rio Celeste : une petite rivière aux eaux boueuses arrive sur la gauche et se mélange avec une autre, en face, quasi transparente ; une réaction chimique se produit ; l’eau qui s’écoule maintenant en aval est … turquoise. Pourquoi ? Après une rapide recherche sur Internet, j’ai trouvé pas moins de quatre ¨explications¨ au phénomène : la première se contente d’un évasif ¨apport de différents minéraux d’origine volcanique¨ ; une autre propose ¨il s’agit d’émanations de soufre qui se mélangent avec du carbonate de calcium¨ ; pour la troisième, des minéraux de cuivre viendraient s’ajouter au cours d’eau principal  ; la dernière, qui me parait la bonne, explique que le bleu laiteux du Rio Celeste résulte du sulfate de cuivre contenu dans l’une des rivières réagissant à la présence de soufre dans l’autre. Si vous avez une meilleure explication, bien humblement je suis preneur.

        De famille paysanne, j’avais envie de connaître comment vivent et travaillent celles d’ici. Par chance, Mayela a conservé de très bonnes relations avec un de ses anciens compagnons de collège qui possède une ¨finca¨ dans la région de Jaco ; nous sommes allés y passer quatre jours. La propriété est contigüe au rio Tulin, petite rivière au lit large, actuellement paisible, qui coule au moins à trois mètres en-dessous du niveau des terres ; Eduardo nous raconta qu’en Mai-Juin de cette année ils restèrent plusieurs jours sans sortir de la maison tellement l’eau avait envahi la plaine ; par impossibilité de pouvoir travailler mais aussi par prudence : avec la montée des eaux arrivent les … crocos ! Ce ne sont pas les seules bêbêtes dangereuses ici : les serpents s’invitent parfois, comme le jour où un terciopelo a piqué la jument en plein milieu de l’allée qui mène à la ferme ; depuis, elle traîne sa patte blessée et ne pourra plus être utilisée que pour la reproduction. Dans ces conditions, vous comprenez aisément pourquoi on ne vous laisse sortir de la maison que chaussé de bottes.

         Le premier travail auquel j’ai participé consistait à remettre en état une cerca : une clôture de pré ; ici, elles ont un aspect typique qui donne à la campagne costaricaine son air de tableau ancien. Il était 15h, le soleil commençait à baisser, bon moment pour retourner travailler. Casquette ou sombrero obligatoire, bras protégés par des manches amovibles en tissu synthétique, le moindre espace de peau dénudée enduit d’un anti-moustique local (de l’alcool à 90° dans lequel ont macéré des clous de girofle), nous voilà parés. Le pick-up nous emmène à travers les prés ; parfois, le sentier disparaît sous les hautes herbes : Eduardo se repère grâce à un rocher ou aux restes d’un tronc. Il nous faut aller au plus près du rio, là où les vaches ont pu renverser la clôture fragilisée par les ans et les dernières intempéries (A propos, vous ne trouvez pas que le bovin est un animal bête ? il croit toujours que l’herbe est plus verte chez le voisin). La première chose à faire est de nettoyer l’endroit à la débroussailleuse : pour pouvoir accéder aux restes de la clôture noyés dans la végétation, mais aussi pour faire déguerpir du lieu les hôtes indésirables … Ensuite, à partir d’un arbre dont les racines plongent dans la rivière, nous tirons trois solides rangs de fil de fer jusqu'à la partie intacte de la clôture. Tous les deux mètres, avec une sorte de bêche courbe et longue, nous creusons un trou d’une cinquantaine de cm de profond ; nous y plantons une énorme branche d’arbre élaguée qui doit dépasser de la hauteur d’un homme. Entre deux de ces branches, on creuse un trou plus petit, on y met donc un pieu moins long, et ainsi de suite jusqu'à n’avoir que des intervalles d’une vingtaine de cm. Dans deux mois, de nouvelles ramures sortiront de chaque tige et créeront une barrière infranchissable… jusqu'à ce que le temps et les intempéries fassent leur œuvre.

         Eduardo travaille avec ses deux filles, Carolina et Mariana, qui viennent de terminer leur formation en lycée agricole ; sa femme, quant à elle, a des responsabilités dans une laiterie voisine. Devant les capacités équestres des deux filles, j’avais exprimé le regret de ne pas savoir monter à cheval ; le lendemain, elles m’ont présenté Leopoldo, un beau cheval gris costaricain, prêté par un élevage voisin. J’ai appris à le seller, à lui parler puis on est partis en balade avec Carolina : position des guides et des mains pour avancer, pour tourner ; commander le départ à la voix ou au talon ; le faire stopper. Sans être autoritaire, il faut garder le contrôle, sinon il fait ce qu’il veut : je l’ai bien vu au début, il s’arrêtait tous les dix mètres pour manger ce qui lui plaisait… Au retour, avec la chaleur qui nous assommait, les deux canassons ont bien apprécié la douche au jet ; elle était d’autant plus nécessaire que nous étions passés dans des flaques de boue où pullulent des bestioles pas très recommandables.

        L’après-midi, un ingénieur agronome et un technicien du Ministère de l’Agriculture sont venus visiter la ferme à la demande d’Eduardo (d’autres fois, il arrive qu’ils se présentent en tournée d’inspection) : sous l’impulsion de ses filles, il a mis en culture des arbustes aux larges feuilles qui servent de fourrage au bétail ; après avoir été coupées, elles se renouvellent très vite. Le problème est que, dans leur phase de croissance, ces petits arbres sont en compétition avec des plantes qui, parfois, grandissent plus vite qu’eux. Faut-il utiliser un herbicide systémique qui ne va détruire que les ´´mauvaises´´ herbes ? Passer la débroussailleuse au risque de couper aussi les bonnes tiges ? Bien que n’ayant pas tout compris de la solution retenue (un désherbage manuel ? bonjour les heures de boulot sous le soleil !), j’ai constaté que l’Institution agricole avait ici un rôle important de conseil et de formation, ce qui ne doit pas l’empêcher de contrôler discrètement tout ce qui se fait.

        Le lendemain, à cheval, Carolina et Mariana sont allées chercher une partie du troupeau : il s’agissait de récupérer un veau d’une dizaine de jours pour vérifier que son nombril avait bien cicatrisé après la naissance. Il faut voir avec quelle habileté elles ont séparé la mère et son petit du reste du bétail, les ont conduit jusqu'à un couloir en bois où deux portes coulissantes ont maintenu la vache dans un espace restreint ; le jeune veau s’est alors retrouvé tout seul et, après une course-poursuite digne du meilleur western, nous l’avons capturé à mains nues, couché au sol et attaché ses quatre pattes ensemble ! Par chance, le nombril de Môossieu était impeccable : on ne serait pas obligés de jouer le même rodéo dans quelques jours. Ah, si ! j’oubliais, il va falloir le marquer au fer rouge quand il aura trois mois et là, le p’tit père, il va en avoir de la force ! Bon courage aux deux miss…

          Le dernier jour fut consacré à une fête du fromage dans la laiterie où travaille Lucila, la femme d’Eduardo. Cette petite entreprise concrétise la réussite de toute une famille sur un peu plus de deux générations : les grands-parents arrivèrent sur les lieux voici soixante-quinze ans, achetèrent peu à peu des terres, sélectionnèrent avec soin leur bétail pour produire du lait, envoyèrent leurs enfants faire des études à l’Université dans le but de maîtriser aussi bien la pasteurisation que la gestion et l’hygiène comme les relations commerciales. Une grand’mère, seule rescapée des débuts de l’histoire, raconta combien, en l’absence de ponts, il était héroïque de traverser les rios Tarcoles et Tulin avec le bac et son chargement de meubles, de nourriture ou de vaches pour venir jusqu’à la propriété ; ensuite, chacun y alla de son anecdote ou de sa petite larme, dans la pure tradition costaricaine pour qui la famille est le socle de toute réussite. Les enfants aussi eurent leur moment de bonheur sous la forme d’une promenade à dos de buffle !

         Le Dimanche matin, les aurevoirs furent émouvants : peut-il en être autrement quand vous avez partagé les difficultés matérielles, les incertitudes d’avenir, les efforts constants pour améliorer son sort d’une famille solidaire et tellement vivante ? 


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  • Les Ticos aiment bien fêter l'arrivée du Nouvel An avec force pétards et feux d’artifice de toutes sortes ; d’ailleurs, chaque année, se produisent des accidents parce que, en cachette,  le petit dernier a voulu faire comme Papa ou parce que le Paternel en question avait un sérieux coup dans l’aile quand il a allumé la mèche… Innovation de l’année, ils ont aussi lâché de ces boules de papier, d’origine chinoise je crois, que vous connaissez certainement (moi, qui ne sors jamais de ma campagne, ne savais même pas que ça pouvait exister) mais faites comme si… et dans ce cas je peux vous expliquer : une bougie allumée est fixée sur le support suspendu sous la « montgolfière » de papier ; la chaleur et le vent font rapidement monter l’ensemble à l’assaut du ciel, mais arrive le moment où la flamme attaque le support puis dévore la sphère de papier : tombe alors une pluie d’étincelles et tout le monde applaudit.

      Deux amies espagnoles sont venues passer trois semaines au Costa Rica ; nous les avons emmenées à la recherche du quetzal, l’oiseau mythique de l’Amérique centrale, déjà vénéré par  les Aztèques comme par les  Mayas.

     Départ de San Jose aux aurores, direction le Cerro de la Muerte, un des plus hauts sommets de la Cordillère de la Talamanca ; ce lieu s’appelle ainsi parce que, avant que n’y passe une route digne de ce nom, il était le théâtre d’attaques à mains armées sanglantes ; aujourd’hui, il reste dangereux pour les innombrables virages qui le parsèment. A six heures et demie, nous arrivons à Macho Gaff, un petit village de montagne perdu sur l’Interaméricaine, cinq kilomètres avant El Ojo de Agua (point culminant du Cerro). Nous y avons rendez-vous avec Eddy Serrano et son fils, guide naturaliste ; ils sont accompagnés d’un petit groupe de touristes où je repère deux Suisses et un Français. La recherche du quetzal commence : c’est une zone rustique où forêt et prés sont fortement imbriqués ; il nous faut repérer les endroits où les avocatiers poussent en nombre : en effet, le quetzal raffole de ses fruits ; avec un peu de chance, on va le surprendre en plein petit déjeuner. A la queue-leu-leu, on marche dans un silence respectueux. On franchit une clôture pour  arriver dans un vallon où les dernières ombres de la nuit s’évanouissent ; soudain, dans les premiers rayons du soleil, une trace rouge et verte décrit une courbe majestueuse dans notre champ de vision : contrairement à lui, nous ne l’avions pas vu. Il est maintenant bien installé sur une branche basse de son arbre favori, à flanc de colline ; il ne nous reste plus qu’à remonter sans outrepasser sa distance de sécurité… Peu à peu, en suivant les consignes du guide, on se positionne à une dizaine de mètres de notre oiseau de paradis : en pleine lumière, c’est un jeu d’enfant de l’observer, de le photographier ou de le filmer. Très calme, sur son arbre perché, il nous surveille de haut ; sa petite tête d’un vert vif affiche une belle coupe hérisson, le bec est jaune franc ; ce qu’on remarque tout de suite chez cet oiseau, c’est la queue : magnifique bien qu’apparemment peu fournie, elle s’étale sur une bonne soixantaine de centimètres ; lors des séquences de vol, plutôt courtes, elle prend plus de volume et lui fait comme une traîne d’un vert resplendissant ; on découvre alors que ses ailes nous cachaient des plumes blanches et un poitrail d’un rouge intense. Pour l’instant, notre quetzal profite de la douceur matinale du soleil ; il semble savoir que ses rayons encore légers mettent en valeur son plumage. Bientôt, avant que la chaleur n’assomme la campagne alentour, il prendra son envol et ira se réfugier au cœur d’un arbre touffu ;  nous, on aura beau s’approcher, se tordre le cou, plisser des yeux pour tenter de le distinguer dans cet enchevêtrement végétal, on ne le verra pas : il sera devenu arbre.

      Si admirer un quetzal en pleine nature vous intéresse, sachez qu’on peut assez facilement le rencontrer de Novembre à juin :

      A Santa Elena (ou Monteverde) dans les forêts de nuages ; au sud-est de celles-ci, dans la Réserve biologique Albert Manuel Brenes de la petite ville de Zapotal : difficile à trouver, elle se situe 20kms au nord-est de Miramar ; administrée par l’Université du Costa Rica, elle est connue des amateurs d’ornithologie pour sa population de quetzals qui habite sa forêt tropicale d’altitude.Tél. : 2437-9906,                                                site webresbiol@cariari.ucr.ac.cr 

         Au cerro de la Muerte, dans le Parc national des Quetzals ou dans des propriétés privées comme celle d’Eddy SERRANO, dans le Parc national Chirripo 

            Dans les forêts près du volcan Poas. 

           Le corps du quetzal adulte mesure environ 35cm mais il faut lui ajouter jusqu’à 60cm de queue

           Ne supportant pas la captivité, il se laisse mourir si on le met en cage ; cela explique qu’il soit devenu le symbole de la liberté perdue pour tous les peuples d’Amérique centrale pendant la période coloniale. Aujourd’hui, c’est l’oiseau national du Guatemala

     Nos deux amies espagnoles ont aussi voulu visiter le Parc Manuel Antonio ; on y est donc retournés (voir le compte-rendu de notre première visite dans les archives de l’année ….). Alors que la fréquentation jusqu’à 10h était correcte, elle a très rapidement augmenté par la suite ; il faut dire qu’on était un Samedi et que les écoliers costaricains étaient encore en vacances ; on a pu ainsi vérifier par nous-mêmes que les familles ticas visitent leurs Parcs nationaux et en sont, à juste titre, fières. On a  vu autant d’animaux que la première fois (paresseux, singes, ratons laveurs, iguanes, oiseaux et papillons) ; la seule nouveauté est qu’on a eu affaire à un voleur un peu spécial… On était sur l’une des quatre plages du Parc où l’on venait de se baigner ; chacun était occupé à se sécher quand apparut dans les arbres au-dessus de nous un petit groupe de singes ; l’un d’eux se laissa tomber sur un de nos sacs posés au sol, s’en saisit et remonta aussi sec dans les branches. On assista alors à une drôle de scène : Rosario, à genoux dans le sable, faisant appel aux meilleurs sentiments de son voleur : »Rends-moi au moins mes chaussures ! Moi, je ne peux pas marcher sans ; toi, elles te serviront à rien ! Allez, sois gentil, rends-les moi… ». Visiblement, le carablanca était impressionné par ce discours ; des yeux il cherchait l’appui de ses congénères puis regardait la suppliante, hésitant sur l’attitude à avoir ; tant et si bien qu’à un moment il laissa choir son butin ; je me précipitai et récupérai in extremis cet objet de toutes les convoitises : personnellement, je l’aurais bien laissé entre les mains simiesques tant il sentait fort…

     Quand vous visiterez le Costa Rica, cet oiseau-là vous ne pouvez pas le rater : que cela soit en ville ou à la campagne, il suffit d’un massif de fleurs pour qu’il apparaisse ; insatiable, il les veut toutes et plonge tête la première en leur coeur ! cet hyperactif ne tient pas en place malgré son goût prononcé pour le vol stationnaire… Le colibri (puisqu’il s’agit de lui), c’est « le petit oiseau de toutes les couleurs « de Bécaud ; dans le pays, il en existe huit sortes dûment répertoriées auxquelles il faut ajouter une douzaine de minuscules volatiles que le commun des mortels classe comme colibris tellement ils leur sont proches ; le plus petit ne pèse pas 3 grammes alors que le plus grand atteint péniblement 15 cm (queue et bec compris évidemment). Certains passent leur journée suivant invariablement le même trajet parmi leurs fleurs préférées, d’autres se permettent quelques incartades au long du parcours… Le tiers d’entre eux (les plus gros, comme par hasard !) sont très possessifs et défendent jalousement leur territoire fleuri. En les voyant s’activer dans notre jardin de Tacacori, je repense parfois à une expérience les concernant dont je fus le témoin. Au tout début de Mars 2010, je me trouvais dans une réserve privée appelée Rara Avis (Oiseau Rare, pour les latinistes) près de Horquetas ; elle a la particularité d’être très isolée (on ne peut y accéder qu’à pied, à cheval ou en … tracteur tellement la piste à suivre est difficile) et de recevoir des étudiants américains en stage de fin d’études. Les colibris étant très nombreux dans cette forêts de nuages, une équipe avait eu l’idée d’étudier leur alimentation et leur comportement. Pour ce faire, ils avaient synthétisé le nectar des différentes fleurs présentes dans la zone sous une forme liquide ; sur une terrasse orientée plein sud, ils avaient disposé leurs abreuvoirs contenant chacun une boisson différente. Assis devant son tableau d’ordinateur, chaque étudiant devait repérer quel type de colibri venait s’abreuver, pendant combien de temps, quel était son comportement à l’égard de ses congénères… Dans quel but me direz-vous ? à observer le vol du colibrí, on peut raisonnablement penser qu’il a besoin d’un maximum d’énergie en un minimum de temps ; le nectar étant sa source d’approvisionnement, s’il découvre une fleur qui lui procure un meilleur rendement, il va la privilégier. Et maintenant, dans quel domaine l’être humain recherche-t-il l’efficacité physique maximum ? Le sport (oui, je sais, les sportifs en chambre en auraient cité un autre…). Amis sportifs, d’ici  à ce que, dans quelques années, vous buviez le même nectar que les colibris, il n’y a qu’un battement d’aile…

     Les Ticos ont voté Dimanche 2 Février pour élire leur Président de la République : alors qu’en 2010 ils avaient élu une femme (Laura CHINCHILLA) dès le premier tour, cette fois aucune ne s’est présentée. A travers les campagnes de pub et les débats télévisés que j’ai pu suivre, je retiendrai quatre thèmes qui préoccupent  la société costaricaine :

     *la sauvegarde des droits sociaux : aucun candidat ne dit qu’il va les diminuer car, ici, depuis Jose Figueres dans les années 50, c’est une tradition politique forte ; mais on a pu constater que le parti au pouvoir actuellement a déjà supprimé une dizaine d’ EBAIS (dispensaires de santé) alors que la population augmente, et qu’il a concédé au secteur privé la gérance d’hôpitaux publics : son nouveau candidat va-t-il continuer dans cette voie ?

     *la lutte contre la pauvreté : aujourd’hui, sur 4.6 millions d’habitants, 300 000 vivent dans des conditions d’extrême pauvreté et 20% sont en-dessous du seuil de pauvreté du pays. Le salaire minimum moyen n’est que de 260 000 colones (382 euros). Bien que le pays le plus « riche » de toute l’Amérique centrale, le Costa Rica a vu sa situation empirer depuis le début de la crise internationale, et tous les candidats à cette élection peinent à proposer autre chose que la méthode Coué.

     *Le recours aux entreprises étrangères : depuis une dizaine d’années, ce mouvement s’est accéléré sans justification objective. Exemple : le MOPT est l’organisme national chargé de construire les voies de circulation ; il sait bien le faire puisque dans le passé il a ouvert l’autoroute General Canas entre San Jose et Alajuela ou La Costanera entre Orotina et la frontière panaméenne, mais quand il s’est agi récemment de construire une route entre San Jose et Caldera  le gouvernement a accordé la concession à une entreprise espagnole qui lui a fait payer le prix fort…

     *L’étendue de la corruption : ce thème est intimement lié au précédent ; naguère, notre Alcatel français présenta le « pot de confiture » au gouvernement Rodriguez qui y plongea tête baissée : pour améliorer plus rapidement les télécommunications, il négligea de faire un appel d’offres… Plus près de nous, éclata le scandale de La Trocha : suite à un problème de limite territoriale avec le Nicaragua, le Costa Rica décida de créer une vraie route qui permettrait de mieux surveiller sa frontière nord et d’apporter tous les services de l’Etat à cette zone très peu peuplée. Ce qui s’ensuivit dépasse l’entendement : entreprises de transport qui travaillaient une semaine et faisaient payer le mois entier, matériaux fournis par l’Etat revendus à qui le voulait, infrastructures de dimensions bien inférieures à celles promises sur plans… Le seul coin de ciel bleu dans cet univers triste est qu’on a fini par trouver les coupables : Rodriguez et consorts firent de la prison, Alcatel fut condamnée en France, ceux de La Trocha seront bientôt fixés sur leur sort. Mais, pour deux affaires résolues, combien resteront dans les oubliettes ?

        Quelques mots sur les candidats qui ont le plus de chance d’être élus : 

    - GUEVARA : contrairement à son patronyme, il n’a rien d’un révolutionnaire : il représente l’extrême droite dans ce qu’elle a de plus libéral (au niveau économique, s’entend !) mais n’a pas la teinte raciste que nous connaissons en France.

     - PIZA : de la Démocratie chrétienne qui eut son heure de gloire au début des années 2000. Il semble avoir de la bonne volonté à revendre mais bien peu de moyens car son parti a trop déçu.

     - ARRAYA : issu du parti qui donna au pays un niveau d’éducation et de santé enviable mais qui, depuis, s’est perdu dans les mirages du libéralisme.

     -SOLIS : aboutissement politique réussi de diverses associations d’inspiration citoyenne scandalisées par les turpitudes politiques costaricaines.

     - VILLALTA : représentant de ce qu’on pourrait appeler l’Union de la Gauche costaricaine. A pour lui de n’avoir jamais été compromis dans une quelconque affaire et une pêche pour dire les choses qui fâchent qui le rendent sympathique.

     Comme dans toute campagne, il y eut des moments moins sérieux qui nous ont bien fait marrer : par exemple, quand Arraya (du parti actuellement au pouvoir) a sorti son affiche avec, simplement, ce cri du cœur « Contrateme ! » (Embauchez-moi !), ce que disent en vain des milliers de Costaricains chaque jour. Il n’a pas fallu longtemps aux humoristes et aux gens de la rue pour lui faire des réponses du genre : « Eh, mec, j’ai des poubelles à sortir et des chiottes à nettoyer pour 1000 pesos : tu le fais à ma place ? » ou bien : « Depuis le temps que tu n’en branles pas une, tu te décides enfin à chercher un travail honnête ! ». Devant l’avalanche de détournements, le candidat a préféré retirer son offre de service… L’autre affiche qui m’a bien plu est celle de Villalta parce qu’elle vise la corruption ; elle dit : » No tenemos ningun rabo que nos majen ! » ; pour comprendre, il faut savoir que « rabo » c’est la queue (du singe, par exemple) et que « majar » c’est appuyer fortement avec son pied pour empêcher quelqu’un de se dégager ; on peut traduire littéralement par : » Nous n’avons aucune queue avec laquelle nous retenir ! «. Explication : la queue, c’est le petit détail, le renseignement qui va mettre la puce à l’oreille de la justice et qui va lui permettre de découvrir le pot-aux-roses de l’affaire ; autrement dit : »Nous, nous ne sommes pas corrompus ! «. En bon français : « Nous n’avons pas de casseroles au cul ! ».

    Le jour même de l’élection, il est assez surprenant pour nous de voir chaque candidat pouvoir s’exprimer encore à la télévision… Pour voter, pas de carte d’électeur : il suffit de se présenter avec sa carte d’identité au bureau de vote de son quartier ; les scrutateurs disposent de listes électorales comportant la photo et la signature de chacun des inscrits ; ils vérifient alors que la personne qu’ils ont en face d’eux correspond bien à la photo et lui demandent de signer. Tout se passe dans une atmosphère bon enfant : devant les bureaux de vote, chaque parti peut avoir son stand à côté de ses rivaux  sans que cela dégénère ; dans les rues déambulent à pied ou en voiture des groupes brandissant des drapeaux différents dans une ambiance musicale joyeuse.

     A 20h, le Tribunal Supérieur des Elections a donné les premiers résultats, portant sur seulement 10% des bulletins ; la soirée, sur les chaines de télé, a été constituée par des reportages sur la façon dont les différents partis vivaient l’élection entrecoupés des résultats officiels, mais pas par des débats. Trois heures plus tard, les 2 millions de votes (sur 3 millions d’inscrits) avaient été dépouillés ; ils donnaient le nouveau paysage politique costaricain. SOLIS arrivait en tête avec 31%, suivaient ARRAYA (30%), VILLALTA 17%, GUEVARA (11%), PIZA (6%) et les 5% restant se répartissaient entre les huit derniers candidats. L’arrivée du représentant du centre gauche devant celui du parti actuellement au pouvoir est une surprise pour la grande majorité des commentateurs ; elle souligne cependant la défiance croissante des Costaricains pour les partis de droite qui gouvernent le pays depuis… 50 ans ! Autre signe qui montre une évolution positive de la société costaricaine : alors que tous les Présidents (sauf Pacheco en 2002) ont été élus dès le premier tour, cette fois on aura une « segunda ronda » ; elle est prévue le … 6 Avril : d’accord, c’est un peu loin, mais sous les Tropiques on a autre chose à faire que batailler politique !


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          Il existe au Costa Rica quelques villages qui perpétuent le souvenir des années 70 : cheveux longs, barbes hirsutes, surf et musique cool… Ils ont pour noms Malpais, Santa Teresa ou Montezuma. Quand on a commencé à dire autour de nous qu’on allait y faire un tour, les remarques du genre “Attention ! pédale douce sur la fumette… » ont fusé ; c’est vous dire la réputation du lieu.

          On y allait à l’invitation de Mayra et Jose, des amis de Mayela, qui voici une trentaine d’années ont ouvert un petit restaurant dans une anse tranquille en bord de mer ; par la suite, ils l’ont complété par des bungalows cachés sous les arbres.

           Les villages de Santa Teresa, Malpais et Montezuma se trouvent tout au bout de la péninsule de Nicoya qui se termine par la Réserve de Cabo blanco, tant marine que terrestre.

           Jusqu’à Cobano, la route est correctement asphaltée mais passablement sinueuse ; le paysage est agréable et vert. Après cette localité, ne subsiste qu’une piste parcourue par des véhicules soulevant des nuages de poussière. Les rares habitations rencontrées se protègent tant bien que mal avec de la toile plastifiée tendue entre deux poteaux. Courage ! la récompense est au bout du chemin : plages de sable blond, vagues pour surfeurs, caletas à transformer en piscines personnelles, douceur de vivre … et nature sauvage.

    Pour s’y rendre depuis Alajuela :

    + Suivre « l’ancienne route », comme disent les Ticos : elle passe par Grecia, Palmares, San Ramon, Esparza : il faut deux heures pour arriver à Puntarenas.

    OU

    + Prendre l’ Autopista 27 à Ciruelas et sortir à Caldera : on gagne une petite demi-heure.

    Ensuite, au port de Puntarenas, embarquer sur le ferry de la Compagnie Naviera Tambor ; Horaires : 5h, 9h, 11h, 14h, 17h, 20h30 ; il vous en coûtera 810 colones pour un adulte et 11 400 pour une voiture de tourisme. La traversée dure 1h30 ; on arrive à Paquera.

    Prendre la direction de Cobano, distant de 40 kms ; on y est en trois-quarts d’heure.

    Enfin, il reste 15 kms de piste très poussiéreuse avant d’atteindre Malpais : compter 30 min.

    Horaires retour du ferry  (Paquera > Puntarenas : 5h30, 9h, 11h, 14h, 17h, 20h.

           Les amis chez qui on logeait nous indiquèrent une voie détournée (utilisée par les gens du coin) pour pénétrer incognitos dans la Réserve de Cabo blanco. Bien que le procédé ne m’enchante guère, je me suis laissé convaincre… et ne l’ai pas regretté ! Ah, la saveur de la transgression ! J’y suis allé seul, Mayela préférant prendre le soleil sur une plage voisine. Dès l’entrée dans le sous-bois, l’atmosphère change : les bruits extérieurs à la forêt prennent un ton ouaté ; le silence est comme habité ; une bulle secrète se crée. Sur le sentier, personne. Mais, cent mètres plus loin, dans une courbe, cette forme à moitié cachée par les herbes ? occupée à manger, elle ne m’a pas écouté ; elle lève la tête et me voit : c’est une femelle venado (plus près de la biche que du chevreuil) ; pour le moins surprise, elle semble chercher quelles sont mes intentions ; comme je ne bouge pas d’un pouce, elle reprend son activité tout en gardant un œil sur moi. Elle me fixe de temps en temps : « Quel drôle d’animal ! semble-t-elle se dire ». Elle fait mine d’entrer dans le sous-bois, puis se ravise et décide de suivre le sentier d’un pas tranquille. Encore tout chamboulé par cette rencontre, je la laisse se fondre dans son univers. Un peu plus tard, nouvelle surprise, mais cette fois j’ai dérangé tout le monde : une famille de coatis a détalé devant moi. Je reste immobile sur le sentier, attendant que tout ce petit monde réapparaisse. Et cela ne rate pas : un premier se hasarde à découvert puis un autre, avant de disparaître dans les fourrés de l’autre côté du chemin ; deux jeunes viennent se chamailler sous mon nez, à la recherche d’insectes sous les feuilles. Mais des singes congos font entendre leurs grognements hostiles dans les arbres au-dessus de nous et nos deux garnements partent sans demander leur reste ; moi aussi d’ailleurs, car le patriarche de la tribu ne semble pas disposé à ce que nous fassions plus amplement connaissance… Passent deux papillons morphos au vol de dentelle bleue : l’excuse de les suivre est toute trouvée pour s’esquiver en douceur. Maintenant, le sentier file droit en traversant une immense clairière ; et, tout au fond, j’aperçois un animal venant droit sur moi à pas comptés ; je m’accroupis pour le filmer : c’est un vieux coati solitaire ; sans doute perdu dans ses pensées, il ne m’a pas vu ; il avance en dodelinant de la tête, fatigué. Soudain, arrivé à moins de dix mètres de moi, il se rend compte qu’un obstacle lui barre une partie de la route : la patte en l’air, il observe la « chose », amorce un détour sur la gauche, hésite, finalement il préfère prendre la tangente à droite, non sans m’avoir montré un mécontentement certain en hochant plusieurs fois la tête sur le mode : » Toi, mon lascar, tu ne perds rien pour attendre ! ». Considérant que j’avais suffisamment embêté les « p’tites bêtes », je suis revenu à la civilisation.

          Et là, il a fallu raconter à Mayela tout ce que j’avais vu en moins d’une heure. « Bon, demain, direction la réserve de Cabo blanco, mais par l’entrée officielle ! corrigea-t-elle».

    Pour aller à l’entrée de la Réserve de Cabo Blanco depuis Malpais :

    + Dans la rue principale de Malpais, prendre la direction de la Poissonnerie, tourner à gauche juste avant le resto Mary’s place

    + Commencent alors 7 kms de piste poussiéreuse alternant montées et descentes avec 3 gués à franchir.

    + A Cabuya, il ne vous reste plus que 2kms de piste plane.

    + Prix d’entrée : 1600 colones pour les Costaricains, 5000 pour les touristes étrangers.

     

           A l’entrée du Parc, se trouvent deux jeunes bénévoles ; l’un d’eux parle français : c’est assez rare pour que cela vaille la peine d’être mentionné. Ils répondent aux questions des touristes et les orientent pour trouver l’entrée des sentiers. C’est un parc un peu à l’écart, relativement peu connu : à 10h, le livre des entrées n’a enregistré qu’une petite quarantaine de personnes en deux heures. Nous décidons de faire les deux sentiers (le Danois et le Suédois) qui permettent de traverser de part en part la péninsule occupée par la Réserve. Au début, la balade est d’une difficulté moyenne ; on voit surtout des papillons, de toutes les couleurs ; on entend beaucoup d’oiseaux. Puis elle devient difficile : des pentes importantes, des « escaliers » sans fin et, surtout, la chaleur étouffante. Notre seule récompense aura été de croiser la route de deux paons noirs au bec jaune, d’entendre de jeunes coatis jouer dans les fourrés le bord d’une rivière et de subir les jeux d’intimidation sonore d’un groupe de congos perchés haut dans les arbres.

           L’arrivée du sentier se fait sur la plage de sable blond de Cabo Blanco : une case en bambou abrite une douche bienvenue, un poste d’eau potable permet de remplir nos gourdes et quelques tables rustiques suffisent à notre bonheur pour reprendre des forces.

           Le retour se fait par le même chemin, avec une variante cependant au dernier km. Nous n’avons guère vu plus d’animaux : un couple de paons (peut-être un des mâles du matin qui avait retrouvé sa moitié…) et des coatis au bord du sentier, plus préoccupés par la recherche d’insectes, de fruits ou de petits animaux que par notre présence : leur queue annelée, dressée à la verticale, est un signe de concentration, prière de ne pas déranger !

            Revenus à notre hébergement, on a pu constater sur une carte que les sentiers ouverts au public ne couvrent qu’une moitié de la Réserve : pas folles, les bêbêtes se réfugient dans l’autre…

    Quelques infos sur la Réserve de Cabo Blanco :

    + Ce fut la première créée au Costa Rica, en 1963 ; elle doit son existence à un couple suédo-danois (Nicolas Wessberg et Karen Mogensen).

    + Au début des années 60, la priorité des autorités costaricaines était de développer son agriculture aux dépens des forêts. A la même époque, notre couple nordique débarqua à Montezuma pour y acheter une ferme. Quelque temps plus tard, voulant reboiser sa propriété, Nicolas Wessberg organisa une expédition à Cabo Blanco en vue d’y recueillir de jeunes plants. Il fut émerveillé par la taille des arbres qu’il rencontra et la quantité d’animaux qui y vivaient. Décidé à protéger le lieu de la déforestation, il collecta des fonds au niveau international et les offrit au Gouvernement costaricain pour qu’il achète 1250 ha menacés.

    + Nicolas mourut en 1975 et Karen en 1994 ; ils sont enterrés dans leur ferme de Montezuma. Une très belle stèle leur rend hommage à l’entrée de la Réserve.

    + Sentier Arboretum : 1km, durée 30 min, facile.

    +Sentier Danois : 2kms, 1h, difficulté moyenne.

    + Sentier Suédois : 3kms, 2h, difficile.

    + Tél. : 00 (506) 2642-0093

    www.sinac.go.cr

    www.actempisque.org

     

           Montezuma est connu pour ses trois cascades ; une entreprise de tourisme à consonance américaine (Sun Trails) a racheté les terrains sur lesquels se trouvent les deux premières et organise des activités payantes type canopy, baignade, balade ; seule la troisième reste libre d’accès ; par chance, c’est la plus haute. Son accès démarre dans Montezuma même : la petite rivière provenant de la cascade se jette dans la mer ; à sa droite, se trouve un resto ; à sa gauche, un parking : le sentier qui mène à la cascade commence au fond de ce parking ; attention ! se munir de bonnes chaussures car, parfois, on est obligés de marcher sur des pierres glissantes dans le lit de la rivière.

           On arrive à la cascade après un km d’effort mais la récompense est là : une chute d’eau de plus de vingt mètres de haut, nichée au fond d’un vallon, entourée par une végétation exubérante ; le bassin qui reçoit l’eau fait une quinzaine de mètres de diamètre ; quant à sa profondeur, je ne m’y suis pas risqué… De part et d’autre, des rochers d’où se jettent des inconscients de tout âge en poussant des cris de Sioux. Tout en haut de la cascade, il semble y avoir un autre bassin de rétention d’eau (et mon petit doigt me dit que c’est la limite de propriété de Sun Trails) : on y aperçoit des gens dont la principale occupation, de temps en temps, semble être de tous se regrouper vers le goulot d’évacuation de l’eau pour gêner sa sortie ; ceux d’en bas lèvent alors le nez en cherchant une explication à ce changement soudain de débit et reçoivent alors le paquet de flotte que les petits malins viennent de libérer… Comme quoi on s’amuse d’un rien ici ! Plus sportif, j’ai vu trois hommes escalader pieds nus le côté droit de la cascade, encore couvert par la végétation, et parvenir jusqu’au bassin supérieur ; on s’est dit : »Chiche ! Ils vont balancer en bas un de ces petits plaisantins… « mais non, dommage ! ça nous aurait fait rire un brin. Sur le chemin du retour, on a découvert à flanc de coteau une sente perdue dans la végétation qui permet de rejoindre le haut de la cascade : nos trois lascars devaient la connaître mais ont préféré faire les kakous devant les filles ; ah, les hommes... !

            S’il y en a un qui ne se préoccupe pas de frimer, à Montezuma, c’est bien le cueilleur de noix de coco : pas question de les faire tomber, il faut aller les chercher ! Vous avez déjà vu un cocotier ? c’est haut ! Alors il s’arme de deux lattes de bois fixées sur la face interne des jambes , d’une bonne paire de chaussures et … de tout son courage. Il grimpe par petites secousses, embrassant le tronc à pleins bras, une corde accrochée à la ceinture ; après y avoir attaché la queue de la grappe de noix de coco, elle permet à un aide resté au sol de descendre en douceur le précieux fardeau qui doit bien peser sa vingtaine de kilos. Avant de les vendre aux touristes entre 500 et 1000 colones (0.75 à 1.5 euro) sous le nom de « pipa », il faut encore les mettre un moment au frigo pour les rafraichir. Puis les décaloter devant eux d’un coup de machette : ils peuvent alors aspirer une eau de coco très désaltérante et, armés d’un bon couteau, ouvrir la coque pour en extraire la chair ferme et blanche.

    Renseignements pratiques divers

    sur cette partie de la péninsule de Nicoya :

    + Restaurant El Timonel à Tambor : casados entre 3500 et 4000 colones, taxes incluses ; ils ont tendance à trop cuire la viande et le platano maduro… Lieu très propre, entouré d’un joli petit parc avec oiseaux ; ils louent aussi des cabinas : 20 000 colones la nuit, 15 000 si vous restez la semaine.

    Site web : www.timonelcr.com

    Tel. : (506) 2683-1010 ou 2683-1111

    + Restaurant et Cabinas Caracolas : 80$ petite maison toute équipée pour 2 pers. 100$ pour 5 pers. 120$ pour 7 pers.

    Mail : lascaracolitasmalpais@gmail.com

    Tel : (506) 2640-0189

    + Cabo Blanco Travelers : Organise les transferts par bateau entre Montezuma et Herradura (près de Jaco) ; sortie de Montezuma à 9h30 ; retour depuis Herradura à 14h ; durée de la traversée : 1h. (en voiture et ferry : entre 5 et 6h) ; prix : 33$.

    Site web : www.caboblancotravelers.com

    Mail : flordeparaisobungalows@gmail.com Tel : (506) 2642-1125 ou 8835-0270.


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  •       Les Ticos sont encore très attachés à l’époque où le pays était presque uniquement agricole ; ainsi, ils se souviennent des années 50-60 comme d’un « âge d’or » : ils en avaient fini avec leurs luttes intestines en supprimant l’armée ; tout le pays unissait ses efforts pour avoir un meilleur système éducatif, mettre au point sa Sécurité sociale et créer ses premiers Parcs Nationaux. Aujourd’hui, ils ont l’impression que la vie est plus difficile et vont visiter avec nostalgie les lieux qui témoignent de ce passé pas si lointain.

           J’en ai eu encore la preuve Dimanche passé en découvrant ce qu’est un « trapiche » : lieu où l’on extrayait le jus de la canne à sucre avant l’industrialisation. Et ne croyez pas que cela remonte à un siècle : le Papa de Mayela en possédait un. Notre « trapiche » est installé le bord d’une rivière parce qu’il utilise la force du courant pour extraire le jus de la canne (il arrivait qu’on se serve aussi de deux bœufs tournant en rond) : l’eau arrive avec force par un étroit canal de dérivation pour mettre en mouvement une roue à aubes ; celle-ci fait tourner deux cylindres cannelés disposés horizontalement entre lesquels un homme introduit les tiges de canne ; pressurées, elles produisent un jus blanchâtre qui, par un réseau de canalisations, s’écoule jusqu’à trois gigantesques marmites ; sous chacune d’elles, un foyer. La tige écrasée est mise à sécher ; elle sera utilisée une prochaine fois pour alimenter le feu qui chauffe le jus pendant presque deux heures ; il faut donc faire patienter les spectateurs qui, ce Dimanche, étaient environ quatre-vingts ; un animateur est prévu : il raconte des blagues, pousse la chansonnette et fait parler les plus anciens sur le Costa Rica d’hier ; c’est un festival de déclarations naïves, d’allusions grivoises et de folklore musical. On est entre Ticos ; je suis le seul étranger.

          Pendant ce temps, le jus de la canne à sucre s’est couvert d’une écume blanchâtre que des employés ont patiemment enlevée parce qu’elle emprisonne les déchets éventuels contenus dans le liquide. Enfin, le jus a pris une belle couleur caramel. Il faut maintenant vérifier qu’il a bien atteint la bonne température ; pour cela, nul besoin d’utiliser un banal thermomètre, la main convient beaucoup mieux… L’employé chargé de la besogne dispose près de lui un seau rempli d’eau froide, y plonge la main, se penche sur le chaudron bouillant et attrape au vol un morceau de la mixture qu’il s’empresse de refroidir dans le seau d’eau. « La miel », comme on l’appelle ici, doit rester molle et faire des fils quand elle est à point. On s’en met un peu partout mais c’est délicieux. L’employé retourne à la « pêche » autant de fois qu’il est nécessaire pour que chacun puisse goûter. Ensuite, on éteint le feu en l’aspergeant d’eau.

          A ce moment, peut commencer la fabrication des différents « produits » à partir de cette unique « matière première ». La « melcocha » par exemple : sur une espèce de long banc de pierre que l’on a préalablement refroidi au jet d’eau, on étale une fine couche de « miel » sur laquelle on saupoudre des amandes, des noix, des cacahuètes… ; elle se cristallise rapidement pour donner une écharpe de pâte qu’un employé va venir rouler en boule puis étirer et torsader en la suspendant à un crochet pour bien mélanger ses composants. Le « sobado » est un autre produit dérivé de la « miel » : on met la matière première dans de grands récipients plats où l’on ajoute du lait en poudre ; on mélange le tout vigoureusement avec une grande cuillère en bois pour donner une pâte plus claire et plus lisse que la « melcocha ». Enfin, toute la « miel » restant est convertie en « tapa de dulce » : imaginez un plateau de bois épais dans lequel ont été évidées des formes tronconiques identiques ; après avoir été humidifié, il va servir de moule ; on laisse refroidir la « miel » une journée ; quand on démoule, on obtient de petites pyramides rondes qui, naguère, étaient la seule source de sucre : avec un couteau, on faisait des « copeaux » à la demande pour sucrer le café, adoucir le jus de citron ou faire de la pâtisserie.

          Généralement, les touristes ne vont pas visiter ces lieux typiquement « ticos » ; les agences de tourisme pensent que cela ne va pas les intéresser… et pourtant, s’il existe des lieux où l’on ressent bien les valeurs auxquelles sont attachés les Costaricains (simplicité de l’accueil, goût pour le travail, joie communicative), le « trapiche » en fait partie.

    Renseignements pratiques et divers.

    + Ce lieu s’appelle « Hacienda de los Trapiches » ; il est situé à Santa Gertrudis Sur, près de Grecia, dans la province d’Alajuela. Sur Internet, on le trouve aussi sous le nom « américanisé » de Springer’s.

    + Tel. : 2494-1050 et 2444-6656.

    + Mail : lostrapiches@springerscr.com

    + Site Internet : www.haciendalostrapiches.com

    + Le lieu est ouvert tous les jours ; il comporte un bar-restaurant, une piscine, des sentiers pour se promener, deux petits lacs, des aires de pique-nique et de camping.

    + MAIS le « Trapiche » ne fonctionne que tous les Dimanches.

    + Autrefois, pour aider les bébés à mettre leurs premières dents, on leur pelait un morceau de canne à sucre pour qu’ils le mastiquent. Bien qu’étant sur le versant couchant de la vie, j’ai fait la même expérience et ai trouvé cela délicieux…

    + SAVEZ-VOUS que la canne à sucre peut pousser jusqu’à deux fois par an au même endroit ? ainsi, vous pouvez voir dans la campagne costaricaine des champs où elle commence juste à pousser, d’autres où elle est en fleurs, d’autres enfin où elle vient d’être coupée…


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  • AVERTISSEMENT SANS FRAIS :

           Cet article n’est pas définitif : il contient beaucoup d’informations pratiques, qui m’ont été communiquées par des guides ou des agences, mais j’ai fini par me rendre compte qu’il me faudrait un temps fou pour toutes les vérifier… C’est pour cela que je me résous à le publier tel quel en espérant que personne ne m’en voudra si tel numéro de téléphone ou tel prix n’est pas exactement à jour.

         Je compte d’ailleurs sur mes visiteurs et les « utilisateurs » des guides et agences présentés pour me signaler oubli, erreur ou imprécision et, pourquoi pas ? me faire un court « compte-rendu après essai » des personnes en question. Ainsi, le document s’améliorerait peu à peu et les futurs voyageurs en bénéficieraient.  

     COMMENT J’AI PROCEDE :

           Depuis que je connais le Costa Rica, j’ai envie d’aller visiter la péninsule d’Osa. Par ailleurs, traînant mes guêtres sur le forum du Routard ainsi que sur Voyageforum, je me suis rendu compte que beaucoup de personnes (surtout les familles accompagnées de jeunes enfants et les seniors) souhaitaient l’aide d’un guide francophone. Or, à ma connaissance, il n’y a que des informations éparses, sur tel ou tel  guide, communiquées par les touristes qui ont pris le temps de faire un compte-rendu sur les forums. De là est partie l’idée de faire un article le plus complet possible sur les guides francophones permettant de visiter le Parc du Corcovado.

         Dans le site officiel du Costa Rica : www.visitcostarica.com, il existe bien une liste d’environ 1200 noms de guides travaillant au CR dont une soixantaine de francophones (actualisée le 28 Février 2014) ; elle précise leur numéro de carnet (preuve qu’ils sont bien accrédités), leur spécialité, leurs numéros de téléphone et la (les) langue(s) parlée(s) ; mais elle ne précise pas leur zone géographique de travail… dommage quand on sait que, depuis le 1er Février 2014, les autorités demandent à ce que les touristes emploient les services d’un guide local pour parcourir le Corcovado ! J’ai donc écrit en français à tous les guides qui disaient parler cette langue : il y a quelques surprises…

                                    Bonjour, 

         Je vous contacte parce que j'ai vu sur la liste des guides accrédités par l'ICT que vous parliez français. 

           En effet,  j'envisage de visiter le Parc du Corcovado avec un petit groupe de Français ; pour cela, nous aimerions bénéficier des services d'un guide parlant français. Notre projet serait de rentrer par Carate/La Leona. Premier jour : aller jusqu'à La Sirena ; 2è jour : visiter autour de La Sirena ; 3è jour : aller jusqu'à Los Patos. Combien cela nous coûterait-il chacun : rémunération du guide, hébergement, repas, entrée ? Feriez-vous les formalités de réservation ? Dernière question : votre rémunération dépend-elle du nombre de personnes dans le groupe ? (= prenez-vous plus cher si le groupe est de 6 ou 8 personnes au lieu de 2 ?). 

          Je vous remercie d'avance de bien vouloir répondre à toutes mes questions. Salutations. 

         J’ai ensuite contacté l’ ACOSA SINAC, qui est chargée de la gestion du Parc, à l’adresse suivante : pncorcovado@gmail.com et on m’a envoyé la liste des 157 guides autorisés à y travailler (actualisée le 2 Juillet 2014) ; elle comprend leur adresse mail et leur(s) numéro(s) de téléphone, mais pas la (les) langue(s) parlée(s)… Je leur ai donc écrit en espagnol la lettre suivante :

          Hola, Senor (o Señora)…………..

          Encontré su apellido en la lista de los guías del ICT. 

            Soy Francés ; mi pareja es Tica. Ya que vivo en CR cuatro /cinco meses al año, hay Franceses que me contactan para ayudarlos cuando quieren visitar los Parques. Actualmente, tengo varios turistas que tienen la intención de visitar el Corcovado pero con un guía que habla francés porque entienden mal el español. 

             Ud. conoce a un guía francófono que podría acompañarlos? tal vez, Ud. habla francés ? 

     

    Bonjour, Monsieur (ou Madame) un(e) Tel(le)

         J’ai trouvé votre nom dans la liste des guides de l’Institut Costaricien de Tourisme.

           Je suis Français ; ma compagne est Tica. Vu que je vis 4 à 5 mois par an au CR, il y a des Français qui me contactent pour les aider quand ils veulent visiter les Parcs. Actuellement, j’ai plusieurs touristes qui ont l’intention de visiter le Corcovado mais avec un guide qui parle français parce qu’ils comprennent mal l’espagnol. 

            Connaissez-vous un guide francophone qui pourrait les accompagner ? Peut-être, vous-même parlez-vous français ?

     

           Enfin, dans les documents que j’accumule au fil du temps, j’ai retrouvé une liste des guides du Corcovado ; datant de trois ans environ, elle ne comporte aucune mention de date ni d’origine : son seul intérêt est de mentionner le lieu de résidence de chacun. 

     

    PRECISIONS SUR LE CONTENU DU DOCUMENT :

            Le document que vous allez trouver ci-après est donc une synthèse de ces trois listes existantes :

           * Les guides sont classés par ordre alphabétique de leurs noms de famille.

           * Si le nom est suivi du sigle ICT et d’un numéro, cela veut dire que le guide est accrédité par l’Institut Costaricien du Tourisme et que son “Carnet” porte le numéro indiqué.

            * L’ICT recommande d’employer des guides locaux ; quand ils habitent la zone, je précise « guide local ».

            * Les numéros de téléphone commençant par 2 sont des fixes ; tous les autres sont des mobiles.

            * J’ai, bien sûr, traduit en français  les courriers reçus ; quand la personne m’a écrit directement en français, je le signale.

            * Enfin, je mentionne si la réponse provient d’une agence et si la personne m’a écrit de sa propre initiative (généralement prévenue par un(e) guide que j’avais contacté(e).

     AGÜERO Armengol  :

     8712-5235     armengol.aguero@kabektours.com     Apartado Postal 61-2300 Curridabat

     Il a eu mon mail par une guide (Rosa) que j’avais contactée ; il m’écrit en français :

     « J´ai une petite agence réceptive et nous sommes spécialisés dans le marché français, vous pouvez aller voir notre site internet www.lanektours.com. Nous pouvons faire toutes les réservations nécessaire au Parc Corcovado, vous réserver un guide francophone pour ce trajet et tout autre information dont vous aurez besoin sur le Costa Rica. J´aime bien parler avec les clients vive voix pour avoir toutes les détails et connaitre le profil du touriste, est-ce que vous pouvez me passer votre numéro de téléphone portable et moi je vous appelerai. »  

    Kabek Tours 
    Telefax (506) 22 72 54 56
    www.kabektours.com

     

    ARANDA SASSERATH Michel                                              ICT 615. Guide généraliste. Anglais.

     2520-2000       info@costaricaneotravel.com   

    Les coordonnées de ce Gérant d’agence m’ont été communiquées par le guide GRANADOS William. 

     Il m’écrit en français :  

    “ Je pense que je peux vous aider. Ma formation est en biologie et je travaille comme guide depuis 1990 dans tout le pays.  Mon numéro de téléphone : 2520-2000. »

     Site web de son agence NEO Travel www.costaricaneotravel.com 

     CALVO BENAVIDES Gabriel

     8672-5085   gabopositive@gmail.com   Heredia

     “Anglais, espagnol, un peu d’allemand. Je connais personnellement deux guides francophones de bon niveau qui pourraient vous aider suivant leurs disponibilites :

     Bertrand Ducos de Lahitte:   lahitte@racsa.co.cr

     Martín Soto: martincsotov@hotmail.com 

     CAMPOS SUAREZ Rafael

     8843-0373     Rafaelcampossuarez@yahoo.com   San Jose

     Il parle français et m’écrit :

    “Je travaille en francais aussi et ai mon propre véhicule.”

     CHAVEZ  SALGADO Leonardo   

     Je n’ai pas de numéro de téléphone. leoaves@yahoo.com       

     Il parle français et m’écrit :

    «  Maintenant, je ne guide pas. Sinon, ce serait avec plaisir ; j´aime vraiment la zone  du Corcovado. Je travaille avec une agence de tourisme http://www.crsuntours.com/ . Si vous voulez, un de mes collègues peut vous faire un devis du voyage pour avoir une idée du prix : à quelle date et une description du service demandé ; c´est important parce que à Sirena normalement c'est difficile de trouvez de l´espace. Sinon vous pouvez écrire directement à Surco Tours :  reservations.surcotours@gmail.com ; ce sont des spécialistes . Ou appelez le 506-8603-2387 et demandez Stella. »

    ESPINOZA VILLALOBOS Enoc

    8363-2515       sierpeazul@gmail.com    Sierpe

    “Voici le mail de Alvaro JIMENEZ ; il guide en français : alvaro.j.s@hotmail.com “.

    GRANADOS R. William

    8701-4966     wggranados@gmail.com        Alajuela

    “Habituellement, je fais mon travail de guide en espagnol et en anglais. Cependant, j’ai une excellente référence : je connais cette personne depuis plusieurs années ; son nom est Michel ARANDA et vous pouvez le contacter à : Info@costaricaneotravel.com

    GRANT ESQUIVEL Federico   ICT17  Guide généraliste. Anglais, français.

    8825-5685 2574-2549 federico@amerikaventure.com ou cr_ecoguide@yahoo.com SanJose

    Il parle français et m’écrit :

    « Je suis capable d'aller avec ton groupe de Plage Carate- La Leona-Estacion Sirena. Mais je suis pas capable d'aller Sirena- Los Patos. (Ce meilleure) Il vaut mieux sortir d'Estacion Sirena en bateau vers Estacion San Pedrillo ou direct (au) vers Bahia Drake- la Rive Sierpe. 

          Mon salaire par jour (sans nourriture , ni herbegment, ni boissons, ni entre du parc, ni queĺq´un extra), (ce) c’est $175/ jour. Je vous suggère aller a Corcovado avec une agence tour opératoire francophone comme : Costa Rica Decouverte. Ils sont capable de régler tous les affaire ! Je travaille avec CR Decouverte parfois comme guide naturaliste .Bon chance Pierre.SalutFederico »

    LOPEZ LOPEZ Vilmar

    8598-9633    vilmarlopez62@hotmail.com   Puerto Jimenez    2735-5307 ou  8690-3369

    “Je connais un Monsieur qui est guide au Corcovado depuis déjà plusieurs années et qui parle français correctement (pas comme s’il était ne en France) : il se fait comprendre des touristes qui visitent le Corcovado. Il s’appelle Jean-Pierre SCHMIDT-CALDERON, telephone : 8758-1663  

    Remarque : le prix d’entrée au Parc Corcovado est passé à 15$ depuis le 1er Aout 2014."

    MORA GOMEZ William

    8345-3378    wwwwbbb@gmail.com    Puerto Jimenez  

    “Il y a un guide à Puerto Jimenez qui parle français et guide à Corcovado ; il s’appelle Jean-Pierre ; son mail est :  jeanpierreschmidt35@gmail.com. »

    MARIN PERRERA Larry

    Je n’ai pas de numéro de téléphone                       larrymperrera@yahoo.com 

    Il est le gérant d’une agence touristique : www.crbirdingexpeditions.com 

    Il parle français et m’écrit :

    « Quand voulez vous y allé au Costa Rica ? voulez vous que je prépare le itinéraire, le transport et fait le réservations des Hotels? Mon E-mail du travail est info@crbirdingexpeditions.com, ce l'adresse que j' utilise le plus. »

    NAON Georges

    2260-3368     georgesnaon@hotmail.com      Heredia   8839-2041    2852-3000 

    Il parle français et m’écrit :

    Pour visiter le parc Corcovado une des meilleurs obtions est d arriver a Sierpe passer la nuit dans un lodge et le lendemain visiter   le parc le soir retourner au lodge et le lendemain de bon matin repartir. De nombreux lodges realisent le parcoure complet.. DREAM POOR MAN est une bonne obtion bon raport de prix.environ 300$ par personne le paquet complet.2 nuits/3jours. Il nest pas permis dans ce parc de camping ni de rentrer sans guide. cest le seul. Je ne connais pas votre programme de sejour ....si vous avez une voiture  ou voyager pas bus...d habitude je realise le programme total du sejour. 

    Travaille pour Huwans Clubaventure, Cactus Tour, Creo, Travel, Escursia.fr

    Guide National francophone Naturaliste

    Licencia  I.C.T  1365

    Official  Tour Acoguitur  A02

    NUMIC 02151408

    georgesnaon@hotmail.com

    http://georges.costarica.free.fr./ 

    FAX 506 25601147

    VALVERDE DURAN Keyler

    Je n’ai pas de numéro de téléphone    kvd83@hotmail.com    lieu de résidence ?

    Ayant appris qu’il parlait français, je lui ai envoyé la lettre suivante : 

          "Je vous contacte  parce que, avec ma compagne Tica, on aimerait visiter le Corcovado en Décembre ou Janvier prochains ; notre projet est de rentrer par Carate/La Leona ; aller jusqu'à La Sirena ; rester une journée sur place pour visiter les alentours et se reposer un peu ; revenir le 3è jour par Los Patos. On aimerait savoir combien cela nous coûterait par personne : votre rémunération, l'hébergement, les repas, l'entrée du Parc... Feriez-vous les démarches pour nous ou faut-il que nous les fassions ? 

             Autre chose : votre rémunération dépend-elle du nombre de personnes dans le groupe ? (= prenez-vous plus cher si le groupe est de 6 ou 8 personnes ?). 

           Je vous remercie d'avance de bien vouloir répondre à toutes mes questions. Salutations."

            Il me répond en français :

            «Ici decembre et janvier c' est la saison plus haute, alors j'ai besoin de savoir les dates exactes. Aussi, vous avez un voiture et un chaufeur?? Parce que entre par Carate et sortir par Los Patos se trouve vraiment loins. Pour mes prestation, un persone ou 50 c'est le meme prix. Pour le prix de les stations pour loger et le parc nationale je vais demande pour te repondre le plus vite posible."

            

           J'espère que les renseignements fournis aideront les futurs voyageurs francophones qui veulent partir à la découverte du Parc National Corcovado. De mon côté, je vais poursuivre mes recherches de contact avec les guides de la zône et publierai les infos obtenues au fur et à mesure qu'elles me parviendront.

             Bien évidemment, j'attends avec impatience vos avis sur les guides et agences que vous aurez testés !


    2 commentaires
  •       Lors de mon enquête auprès de l’ Institut Costaricien du Tourisme et de l’ ACOSA SINAC pour savoir quels étaient les guides du Corcovado qui parlaient français (Voir l’article « Y a-t-il un guide francophone au Corcovado ?), j’ai été amené à contacter aussi des guides parlant d’autres langues. Bien souvent, ils m’ont fourni des infos précieuses : éventail des excursions possibles, exemples de prix pratiques, spécialités des uns et des autres, renseignements à donner par les touristes pour qu’ils puissent faire les réservations ; enfin, plusieurs m’ont communique les coordonnées de guides francophones qu’ils connaissaient. Il m’a donc paru normal que je leur « rende la politesse » en faisant connaitre les infos qu’ils m’avaient transmises.

             Dans la liste suivante, les guides sont classes par ordre alphabétique de leurs noms de famille.

            Si le nom est suivi du sigle ICT et d’un numéro, cela veut dire que le guide est accrédité par l’Institut Costaricien du Tourisme et que son “Carnet” porte le numéro indique.

            L’ICT recommande d’employer des guides locaux ; pour cette raison, je mentionne leur lieu de résidence quand je le connais.

             Les numéros de téléphone commençant par 2 sont des fixes ; tous les autres sont des mobiles.

           Pour les contacter, vous disposez aussi de leur adresse mail. 

           Quand je les connais, je précise les langues qu’ils parlent et leur spécialité en tant que guide.

           J’ai, bien sur, traduit en français  les courriers reçus ; quand la personne m’a écrit directement en français, je le signale.

            Enfin, je mentionne si la réponse provient d’une agence et si la personne m’a écrit de sa propre initiative (généralement prévenue par un(e) guide que j’avais contacte(e).

     

    A MAYA  CASTRO Samuel

    8311-7245      tobiwave@hotmail.com     Drake

    ARAYA MESEN Juan Carlos

    8963-7092    osapentour@hotmail.com  Puerto Jimenez

    Anglais, Espagnol.

    ARCE QUESADA Brayan

    8426-5905  briancarranzaarce@hotmail.com 

    Puerto Jimenez

    ”JE VEUX apprendre le français mais, pour le moment, je parle seulement anglais et espagnol.”

    ATENCIO FONSECA Gabriela

    8817-4473  gabrielaatencio12@gmail.com  Drake         2775-0622  

    BARRANTES CASTRO Fernando

    8730-2014 febarrantes@gmail.com  Puerto Jimenez

    “Je parle seulement anglais et espagnol. Parmi tous les guides du Corcovado, il n’y a qu’un Monsieur âgé qui parle un peu français mais je ne le recommande pas parce que ses clients font toujours des réclamations.” (Il fait allusion à Jean-Pierre Schmidt).

    BARRANTES CHAVARRIA Mauricio

    8973-3196   billobarrantes@hotmail.com  Bahia Ballena 

    CAMPOS BOLANOS Vincent   ICT 96 et 1217.

    Guide local, spécialisé en plongée. Espagnol.

    8320-5292   vcampos68@yahoo.com    Drake

    “A Drake, je ne connais aucun guide qui parle français, seulement anglais, espagnol et allemand. Je vais voir s’il y en a à Puerto Jimenez… Il y a des groupes qui viennent avec un guide français mais depuis San Jose.” 

    Remarque : cela veut dire que, bien que l’ICT demande a ce qu’on prenne des guides locaux (= vivant a Osa), les agences emploient qui elles veulent…

    CERDAS SANCHEZ Evaristo

    Je n’ai pas de numéro de téléphone…    eagledrak007@yahoo.com  Drake

    “Anglais, espagnol. Je comprends un peu le français. “

    CHACON SANCHEZ Steven

    8750-9046 operations@osagreentravel.com  

    Puerto Jimenez  2735-5401   et    2735-5557 

    Agence Osa Green Travel en Facebook :
    https:/www.facebook.com/pages/Osa-Green-Travel/240739752605249.
    011-506-8750-9046 (direct dial from US & Canada)
    info@osagreentarvel.com.com http://www.osagreentravel.com
    Reservations Office
    Osa Green Travel
    P (+506) 8750-9046
    www.osagreentravel.com
     
    CORDOBA ALFARO Jim 

    8559-7625   jim.cordoba@gmail.com   Puerto Jimenez 

    “Vous pouvez appeler l’agence Osa Wild et leur demander s’ils ont un guide francophone.”

    CORTES QUINTERO Wendy Vanessa

    8314-5179    wcortes25@hotmail.com       Puerto Jimenez

    “Je vous invite à visiter ma page Facebook : Osatripsgreen  C’est aussi une page pour aider les touristes. Il y a un guide qui s’appelle Jean-Pierre ; c’est le seul qui parle français. »

    CRUZ CORREA Erick

    8342-2260    Erickcruzcorrea@gmail.com      El Bambu

    “Je parle anglais mais je suis en train d’apprendre le français ; j’ai guide des Français pendant beaucoup d’années ; j’ai treize ans d’expérience.”

    CRUZ MENDEZ Freddy

    8359-8938     fcruzguiamonteverde@gmail.com      Puntarenas

    DURAN SOLORZANO Cindy

    8680-6925       cindyduron35@gmail.com    Bahia Ballena

    FIGUEROA FIGUEROA Kimberly Adriana 

    8538-6127    kimfgr16@gmail.com     

    Anglais, espagnol.

    FLETES ALMENGOR Eida Maria : Jacadabatours    ICT 292. Guide local Pacifique sud. Espagnol.

    8610-0725       jacadabatours@gmail.com  

    Puerto Escondido        2735-1352   

    FLORES MORA Veronica                                     ICT 323. Guide spécialisée nature. Anglais.

    8818-8683      vfloresmora@hotmail.com    San Jose

    “Je commence juste à apprendre le français et d’ici un an cela m’enchanterait de pouvoir vous aider. Cependant, un ami belge, qui n’est pas guide mais qui parle parfaitement aussi bien espagnol que français, pourrait m’aider : nous pourrions l’utiliser comme traducteur. »

    GARCIA QUESADA Mario

    8869-3091     mario78gq@gmail.com      Cartago   

    2532-1300

     “Je connais beaucoup de guides qui parlent français mais je ne sais pas s’ils connaissent le Corcovado.”

    GARITA CANET  Ifigenia                                  ICT 104. Guide spécialisée nature. Anglais. 

    8376-1152     ifigaritamond@hotmail.com   Puerto Jimenez

    “Je parle allemand, espagnol et anglais. Si vous voulez, vous pouvez nous écrire a : osawild@gmail.com  Nous vous donnerons toute l’information dont vous avez besoin pour faire les démarches de réservation avec le Corcovado. »

    GOMES CHAVEZ Erick

    8614-3556    gomerick007@yahoo.com  Canaza 

    “Je vais essayer de contacter un guide qui parle français, ensuite je vous avertis. Pour trois jours, je prends 300$ pour un couple. Normalement, les touristes font les réservations, mais s’ils ne le peuvent pas, les guides peuvent le faire avec plaisir. »

    GOMEZ NIETO Carlos

    2272-3867    charliegomez@costaricaexpeditions.com   San Jose  2521-6099

    “Je n’ai pas beaucoup de contacts avec les guides francophones. Je vais vérifier auprès de nos guides s’ils en connaissent un qui parle français et guide au Corcovado et je vous envoie son adresse. »

    GONZALEZ VILLALOBOS Andrey

    2735-1593   agonzalezv90@gmail.com   El Bambu  

    8702-7781 

    GUERRERO CHAVARRIA Fernando                                ICT 811. Guide local. Espagnol. 

    8827-8705     pacificwhalescr@yahoo.com  ballenascr@gmail.com   Bahia Ballena

    GUEVARA SOLORZANO Herson                        ICT 566   Guide généraliste. Espagnol.

    8821-4205    hersonguevara@hotmail.com    San jose      2292-4580 

    “Je peux vous suggérer de contacter, entre autres, Herbert MARTINEZ au 8892-6507.”

    GUTIERREZ GUTIERREZ  Rodolfo

    8701-6266     rodolfosaenz@hotmail.com   El Bambu

    “Je ne parle que italien, anglais et espagnol.”

    HIDALGO QUIROS Flora

    8635-3125   flor-amaria@hotmail.com    Puerto Jimenez

    Elle possède une agence de tourisme et m’écrit en « français »… : « je ai une bureau de vente des services turistiques au Puerto Jiménez, ou nous pouvons organizer votre voyage au Corcovado, avec a Turisque guide qui parle votre langue, pour votre voyage to Corcovado, et tout comme nous pouvons organizer votre visite a Corcovado. Pour tout renseignement, vous écrire à :  info@martillacorcovadotours.com »

    JIMENEZ GONZALEZ Karol :

    8319-6147     karolgonzalezch@yahoo.es      2735-5921  

    “anglais, espagnol”

    JIMENEZ CHANG Ricardo

    8314-4478  rjimenez@costaricaexpeditions.com  

    Heredia      2268-7069 

    « J’aimerais pouvoir parler français… J’ai un ami guide français qui s’appelle Pascal SAIDI ; il vit au CR depuis de nombreuses années ; vous pouvez le contacter par Facebook. »

    KRUEGER Simone   ICT 1344. Guide généraliste. Allemand, anglais, français, espagnol, italien.

    8898-1802    mone.sk@web.de        San Jose 

    “Pour être sincère, j’ai oublie beaucoup de mon français car je guide uniquement en allemand. Cependant, j’ai plusieurs collègues qui travaillent en français :  

    Marco Paris, 8937 7070

    Selim, 8302 3899

    Michèle Bagues, 8333 3609

    Joëlle Perret, 2224 9744 »

    LOPEZ LOPEZ Vilmar

    8598-9633     vilmarlopez62@hotmail.com   

    Puerto Jimenez    2735-5307 ou  8690-3369

    “Je connais un Monsieur qui est guide au Corcovado depuis déjà plusieurs années et qui parle français correctement (pas comme s’il était ne en France) : il se fait comprendre des touristes qui visitent le Corcovado. Il s’appelle Jean-Pierre SCHMIDT-CALDERON, telephone : 8758-1663  

    Je vous mets mes renseignements comme guide du Corcovado :

    Remarque : le prix d’entrée au Parc Corcovado est passe à 15$ depuis le 1er Aout 2014.

    COUTS :

    $ 8 P/p Nuit en dortoir    

    $ 4 CAMPING  Nuit guide

    $ 80 Transport depuis Carate ( Taxi optionnel)

    $ 65  p/p service guide par jour 

    $ 10 Transport collectif jusqu’a Carate (par voyage) par personne

    Repas a La Sirena

    $20 Petit déjeuner

    $25 Midi

    $25 Soir

    Ou vous pouvez apporter votre propre nourriture 

    Repas Guide : 

    $10 Petit déjeuner

    $12 Midi

    $12 Soir

    Service guide :

    $ 65 par personne et par jour

    SVP, envoyer 50% de la somme totale par Western Union en expliquant les services voulus (nourriture, camping ou dortoir, prix d’entrée) pour faire votre réservation en avance.

    Note : pour envoyer de l’argent : VILMAR LOPEZ LOPEZ  BUREAU WESTERN UNION A PUERTO JIMENEZ, PENINSULE D’OSA. COSTA RICA (C’est très facile)

    Tour d’un jour :
    Visite du Parc Corcovado. Départ journalier de Puerto Jimenez vers Carate La Leona : de 5:30 am a 7:00 pm ; $ 86 p/p. Tour prive. Guide et entrée du parc inclus ; minimum 2 pers...(transport non inclus).  

    Corcovado deux jours, une nuit : Départ de Puerto Jimenez vers Carate > La Leona > Sirena > La Leona.   Tour avec Guide prive : $ 75 p/p par jour… minimum 2 pers... 

    Le CHALLENGE  RAIN FOREST de l’AVENTURE : Trois jours, deux nuits (Circuit : La Leona > Sirena > Los Patos >  La Palma > Puerto Jimenez)  Prix : $ 65 p/p par jour pour le service du guide uniquement ; minimum 2 pers.

    Carate de nuit : Départ 1:30 pm chaque jour. Vous verrez toucans, grenouilles aux yeux rouges, chutes d’eau, singes, quatre espèces de daim, coatis. Camper sur la plage ou dormir dans la jungle. Retour le matin du second jour : $ 100 p/p, minimum 2 pers... 

    Les chutes d’eau de Matapalo rain forest :     
    Départ a 5:30 am ; vous observerez quatre espèces de singes, des toucans. Prix : $ 55 p/p, guide prive,  minimum 2 pers.

    Randonnée nocturne éducative : Observation de la ponte des tortues marines

    Visite des lieux de ponte  ; trois heures ; de Juillet a Novembre ; sorties suivant les marées... $ 85 p/p en groups,  minimum 2 Pers…

    Randonnée nocturne “  Caïman et crocodile “

    A la recherche des crocodiles. Pour tout âge . 2 heures ; sorties journalières : $ 20 p/p. a partir de  2 personnes.  

    Randonnée nocturne “Grenouilles” (saison humide)

    A la recherche des grenouilles aux yeux rouges ; de Mai a Décembre ; pour tout âge ; sorties journalières : de 6h a 8h pm ; transport non inclus : $ 25 p/p ; Minimum 2 pers.

    MATAMOROS MENDOZA Susana

    Je n’ai pas de numero de téléphone  susyma@hotmail.com      Canaza

    « Je fais partie d’une association de guides locaux et vérifierai qui parmi eux parle français ; et le plus rapidement possible je vous en informerai. »

    MENOCAL CHAVARRIA Felix Eduardo

    2735-5702    felixosatravel.com   Puerto Jimenez      5014-1818     8825-6065

    « Laisse-moi t’expliquer les choses suivantes :

    1. Cela fait douze ans que je guide.

    2. Bien sur que je connais un collègue qui parle français mais il doit venir de San Jose ; le prix est de $75.00 par persona/par jour.

    3. Avec plaisir, nous te ferons les réservations (entrées, hébergement, guide et transport aller-retour pour le parc) sans cout additionnel.

    4.Alimentation : préfères-tu l’apporter et cuisiner ? sinon le cout est de 25$ par personne et par repas.

    5. Le “paquet” 3 jours/2 nuits tout inclus, avec moi qui ne parle pas français, serait de 385$ par personne.

    6. IMPORTANT : après avoir demande la réservation, il n’y a que 24h pour la payer ; après, elle est annulée.

    MONTERO Luis Daniel

    2735-5330    ldmonul22@gmail.com   Puerto Jimenez     8765-3330  

    “Je travaille avec une petite agence de tourisme qui s’appelle Osa Wild ; nous employons plusieurs guides  mais tous parlent anglais et espagnol.

    Je ne connais qu’une personne qui travaille comme guide en français dans la zone, mais nous ne travaillons pas avec lui, et je ne pourrais pas non plus vous le recommander.

    Mon français est très limite : je connais les noms des animaux et les expressions de base, mais je ne suis pas capable de guider en français ; c’est quelque chose que j’aimerais faire un jour. »

    MONTERO MORA Greivin Jesus 

    8726-1019        greivin.mora1@hotmail.com    Drake  

    Anglais, espagnol.

    MONTOYA MORA Alvaro                                  ICT 1171. Guide local ACOSA. Espagnol. 

    8705-0046     tamanduaecotour@hotmail.com   

    8114-7663    

     “Anglais, espagnol ; je me charge de toutes les démarches.”

    MORA GOMEZ William

    8345-3378    wwwwbbb@gmail.com    Puerto Jimenez  

    “Il y a un guide à Puerto Jimenez qui parle français et guide a Corcovado ; il s’appelle Jean-Pierre ; son mail est :  jeanpierreschmidt35@gmail.com. »

    MORA  MENDOZA Kenneth    ICT  76  Guide local. 

    8846-4734      kensurfo@yahoo.es   Drake   2775-0916  

    Anglais, espagnol.

    Kenneth Mora Mendoza, Reservations Manager, Corcovado Info Center and  tour coordinator for Corcovado Expeditions
    Adventure Travel Experts 

    E-mail:info@corcovadoinfocenter.com

    www.corcovadoinfocenter.com

    www.facebook.com/corcovadoinfocenter

    MORALES PRENDAS Rafael Eduardo

    2735-1234    osapalmas@gmail.com    La Palma   

    8721-2889    8779-8746 

    “Je parle anglais, espagnol. Vous pouvez solliciter la liste des guides enregistres et autorises par le MINAET en appelant le (506) 2735-5036 ou en écrivant  un mail a : corcovado@minae.go.cr »

    MULDER CUBILLO Guillermo                          ICT 1222. Guide local. Espagnol, hollandais. 

    8367-6093     mulder.guillermo@gmail.com    

    La Amapola de La Palma. Puerto Jimenez  

    “Je sais qu’il y a plusieurs francophones dans la zone mais je n’en connais aucun. Je guide en anglais, espagnol et hollandais.”

    ORTEGA VARGAS   Rafael Enrique

    Communique par Jovino VARGAS MOLINA (Parlerait français : a verifier)         8899-6092. 

    ORTIZ CORDERO Jose

    8395-6554      ocorderojj@gmail.com    San Jose

    “Espagnol, anglais”.

    Consultant en responsabilité socio-environnementale et permaculture

    Biologiste axe écologie et développement durable

    www.gambagam.com / Facebook Santuario Gambagam

    PACHECO  JIMENEZ Carlos :

    8931-2451    carlospacheco10@gmail.com

    PANIAGUA CASTRO Dionisio

    8841-8352     nitolaparios@gmail.com    

    Puerto Jimenez  et  San Vito  2735-5355

    Spécialiste oiseaux.

    PARAJELES RUIZ Luis Jose                                                  ICT 1220. Guide local. Anglais. 

    8518-6076     luruiz19@hotmail.com    Puerto Jimenez  

    8380-5036  

    “Anglais, espagnol”

    PEREZ CARILLO Jose Freiner

    8535-0980    freinerj1818@gmail.com     Drake

    QUINTERO Luis Fernando

    8817-7941    parcelaceibo@yahoo.com    

    El Ñeque, pres de Puerto Jimenez

    “Mon nom est Marlen Salazar, épouse de Luis Quintero. Nous travaillons depuis vingt ans dans le tourisme et avec des groupes d’étudiants. Nous avons notre propre lieu d’hébergement : c’est un lieu simple mais avec tout ce qui est nécessaire pour le confort des clients de façon qu’ils se sentent « comme a la maison ». Vous pouvez jeter un coup d’œil, sur Facebook : hospedaje el ceibo et livetheosa.  Mon mari parle anglais et espagnol. Nous connaissons un guide local qui parle français ( c’est un monsieur de plus de soixante ans ; il s’appelle Pierre. ) et un autre, jeune, qui vit a San Jose et parle bien le français. Je vais les contacter et vous communiquerai les informations correspondantes.» 
     

    QUINTERO QUINTERO Yesenia

    8729-6546     zompopastrails@gmail.com    Playa Blanca   2735-1114   

    Gérante-propriétaire de l’agence Zompopas Trails

    “Vous pouvez visiter mon site : www.zompopastrails.com

    QUIROS HERRERA Rebeca                           ICT 507      Guide généraliste. Anglais. 

    6131-2708     rebecaquiros@yahoo.es     Drake    

     2775-1456 8368-3132   

    “Je suis précisément en train d’apprendre le français, mais ne le parle pas encore assez bien. Mais il me vient une idée : je pourrais venir avec mon professeur, qui est Français et vit ici ; il ferait la traduction. L’autre option serait de venir avec un guide de San Jose qui parle français. »

    RAMIREZ ARIAS Noilyn

    8792-9193  costaricatoursfreeinfo@gmail.com 

    BahiaBallena    2743-8112

    Elle a une agence qui s’appelle “Costa Rica Culture Tours”.   

    “Je peux vous accompagner comme guide et vous, vous faites la traduction : qu’en pensez-vous ?”

    RAMIREZ HERNANDEZ Mauricio Elias

    8401-1864     maelrah@gmail.com   

    “Je suis guide naturaliste en espagnol et anglais. Je connais un guide qui parle français ; je peux lui demander ses disponibilités ; je peux me charger des démarches mais il me faut les informations suivantes :

    Nombre de personnes ? Le nom et l’âge de chacune ; nombre de jours qu’elles veulent rester dans le Parc ; ont-elles besoin d’un véhicule prive ou public (pour les horaires) ? La date d’entrée dans le Parc ; doit-on leur fournir les repas ou apportent-elles leur nourriture ? ont-elles besoin d’un lit ou d’une place de camping ? Par quelle station de gardes-forestiers vont-elles entrer : Los Patos ? La Leona ? (a pied) ; en lancha par Bahia Drake ? en avion depuis Puerto Jimenez ?”

    ROJAS ROJAS Pedro Orlando                       ICT 1568. Guide généraliste. Espagnol. 

    8483-5017     p.orlando.rojas.rojas@gmail.com   

    Bahia Ballena. Uvita

    Connait quelques rudiments du français :”salut ami...parle un peu frances...excuse moi mon ami...parle english  ou espanol...merci beaucop pour el messages..aussi  je travail corcovado...mais  je suis desole. je ne peux pas vous aider...je connu otr  kollega  mais il est occupe...possible la prochaine fois »

    SANCHO ROJAS Roy                                          ICT 1140.   Guide local ACO. Espagnol. 

    8980-7738    roysanchor@yahoo.com    Drake 

    SANTAMARIA PEREZ Esteban

    8313-7405    ticoestebanmystic@gmail.com    Drake 

    SOLIS CAMPOS Mauricio                                ICT 396  Guide spécialiste plongée. Anglais. 

    8875-8295   mauriciosolisc@gmail.com      Drake 

    C’est un biologiste marin qui s’occupe aussi de la conservation des espèces. Guide naturaliste.

     “Dans mon secteur, il n’y a pas de guide qui parle français ; quelques uns parmi nous connaissons quelques mots mais ce n’est pas suffisant pour guider. Je peux vous aider avec un compagnon traducteur : je guide en anglais ou en espagnol ; il fait la traduction. »

    VARGAS MOLINA Jovino                                                       ICT 826. Guide local. Espagnol. 

    8782-5033     jovinovm71@hotmail.es     Bahia Ballena  

    “Je connais un bon guide en français ; il s’appelle Rafael Enrique Ortega Vargas ; son numéro de telephone : 8899-6092. »

    VILLEGAS GARCIA Santos :

    8324-3919    santosvillegas@libero.it    Puerto Jimenez

    Je suis guide depuis dix-huit ans ; anglais, espagnol ; je prends cinquante $ par jour et par personne ; cela inclut tente, cuisine, matelas, moustiquaire pour chaque personne.”     

     

              J'espere que les renseignements fournis aideront les futurs voyageurs qui veulent partir a la decouverte du Parc National Corcovado. De mon cote, je vais poursuivre mes recherches de contact avec les guides de la zone et publierai les infos obtenues au fur et a mesure qu'elles me parviendront.

             Bien evidemment, j'attends avec impatience vos avis sur les guides et agences que vous aurez testes !


    4 commentaires
  •      Avez-vous déjà écouté "Stairway to heaven" de Led Zeppelin en plein coeur de la jungle ? ...eh bien, moi, oui ! 

        Nous sommes assis par terre, en tailleur ; le plancher de la pièce est recouvert de tapis ; ses murs et son plafond disparaissent sous de grandes photos des groupes de rock des années 70 : Deep Purple, Led Zeppelin et autres Scorpions. Dans un angle, un Boudha inattendu pose son regard bienveillant sur les visiteurs. Il se dégage du lieu une impression quasi mystique : sa religion en est la musique. Placé au coeur de la maison, ce salon de musique devient le choeur de cette église sauvage. Pour l'heure, s'en élèvent les notes que laisse échapper le guitariste, juste soulignées par un trait de flûte : divin !... 

          Cinq ans. Cinq ans que je rêvais de découvrir la Péninsule d'Osa, le coin le plus reculé du Costa Rica, son ultime frontière, avec son cortège de mystère, de fantasmes et d'histoires invérifiables : elle est le dernier refuge du jaguar et... des chercheurs d'or, ni plus ni moins. 

           L'occasion s'est présentée quand nous avons rencontré Juan, un grand gaillard péruvien. Agronome de formation, il aidait les paysans sans terres à faire valoir leurs droits : les mafias locales l'ont obligé à fuir pour sauver sa peau. Une fois en sécurité au Costa Rica, il conseilla pendant dix ans les paysans d'Osa : c'est ainsi qu'il rencontra Alfredo, un Tico installé là depuis les années 80. 

            A cette époque, aucune route asphaltée ne traversait encore la péninsule, seulement quelques pistes en terre transformées en bourbiers à la première pluie. Ceux qui s'y risquaient étaient aventuriers, brigands, chercheurs d'or ou déshérités de tous poils. Le gouvernement décida donc d'attribuer des concessions à tous ceux qui, assez fous, se présenteraient pour habiter les lieux : le droit leur était donné de défricher quelques hectares pour y pratiquer des cultures vivrières en échange de l'obligation de veiller à la protection de 40 ha de forêt autour. 

    Alfredo devant l'entrée de sa propriété.

    Alfredo devant l'entrée de sa propriété "PARAISO VERDE". 

          Cet "arrangement" permit de créer tout autour du Parc Corcovado proprement dit comme une sorte de cordon sanitaire : un espace "tampon" entre les zones habitées (devenues très touristiques aujourd'hui) et celles qui se devaient de rester sauvages pour protéger tapirs de Baird, pécaris, ocelots, et j'en passe...  

    Carril de séparation entre le Corcovado et la propriété d'Alfredo.

    A gauche, le Parc National Corcovado

    à droite la propriété d'Alfredo. 

        Alfredo n'a pas toujours vécu dans la jungle ; durant sa jeunesse, il fut même batteur dans un groupe de rock. Mais, du plus loin dont il se souvient, il a toujours été attiré par la vie mystérieuse de la forêt. Il n'a réalisé son rêve qu'après avoir brûlé ses vingt ans par tous les bouts. 

            Aujourd'hui, il nous attend au poste des gardes forestiers de Los Planes : on est venus de Bahia Drake dans le Galloper de Bolivar qui garde un calme olympien au milieu des ornières de la piste.  Alfredo transfère rapidement dans son sac à dos les victuailles que Bolivar a achetées pour lui "en ville" et on se met en route.

    On a parfois besoin de la machette pour passer...

          Le sentier que nous empruntons c'est lui qui l'a tracé dans la forêt à coups de machette : un mètre de large tout au plus, des parties en "escaliers", coupé par deux rios à traverser ; nous mettrons deux heures pour faire les quatre kms qui nous séparent de sa maison.

    Pour aller chez Alfredo, une des rivières à traverser.

         Il faut préciser aussi que notre guide s'arrête fréquemment pour nous détailler les différents usages des plantes rencontrées, nous alerter sur la nécessité d'enjamber la colonne de fourmis qui, imperturbablement, traverse notre sentier ou attirer notre attention sur la signification des grognements perçus au loin : des singes hurleurs mâles désireux de montrer leur niveau de testostérone à leur bimbo locale... 

    La maison d'Alfredo, perdue dans la forêt.

           La maison, en bois bien sûr, est posée à mi-pente au milieu d'une clairière de deux hectares qu'Alfredo a conquis sur la forêt. La partie centrale est occupée par la cuisine, la salle de bain et le salon de musique ; le balcon qui en fait le tour sert aussi de salle à manger, en compagnie des colibris. Une rivière coule sur deux côtés de la parcelle. 

    Que peut-on faire, loin de tout,

    à PARAISO VERDE ? 

     

    Prêts pour l'aventure ?

         Explorer la forêt, c'est sûr. Mais avant de s'engager sur les sentiers, il vaut mieux s'équiper en conséquence. Les chaussures ? je pensais que de bons gros godillots montants suffiraient : au premier passage de rivière, j'ai commencé à avoir des doutes ; et le jour où on a vu se faufiler dans les herbes un boa d'un mètre cinquante, j'ai convenu définitivement que les bottes recommandées par Alfredo étaient mieux adaptées... Le bâton ? quasi indispensable : sans négliger son utilisation possible en cas de mauvaise rencontre animale, il faut bien dire que son appui sera surtout le bienvenu quand il faudra franchir les accidents du terrain ou éviter les glissades surprises. La bouteille d'eau ? on n'a pas toujours conscience des efforts demandés par une marche dans un environnement chaud et humide ; j'ajouterais que, parfois, une boucle prévue pour durer une heure peut se révéler longue "comme un jour sans... eau" ! 

    Alfredo, le rocker du Corcovado...

          Manger ? vous vous en doutez bien, on ne vient pas ici pour goûter à la cuisine la plus raffinée du Costa Rica... Il n'empêche qu'Alfredo s'y entend pour concocter des plats qui "tiennent au corps" en privilégiant les fruits et légumes produits sur place, aromatisés avec les herbes qu'il trouve dans son environnement. Précision intéressante : étant donné qu'Alfredo est obligé d'apporter à dos d'homme tout ce qu'il ne produit pas, si vous-même apportez une partie de ce que vous allez manger, vous aurez droit à une réduction sur votre hébergement. 

    Dans le jardin d'Alfredo.

            Visiter les deux hectares du jardin :

         Après avoir cultivé du riz, du maïs et des pois chiches pour assurer sa subsistance, Alfredo a décidé, depuis une bonne dizaine d'années maintenant, de passer à autre chose. Il s'est mis en tête d'implanter sur ses deux hectares de forêt défrichée un exemplaire au moins des arbres fruitiers poussant sur la ceinture tropicale du globe terrestre... Par chance, il a découvert près de San Jose un pépiniériste qui a eu l'idée d'importer ce type d'arbre. Aussi, chaque fois qu'il vient voir son frangin dans la capitale costaricaine, il repart avec quelques arbustes nouveaux ; et de nous raconter les inévitables marchandages avec les chauffeurs de bus pour faire voyager ses encombrants compagnons ! Il a ainsi rapporté dans ses bagages des citronniers et des orangers (jusque là rien de très original) mais aussi des plantes aromatiques ou ornementales, des pamplemoussiers, des arbres à pain (?), des cas, des guavas, des guanabanas, des pejibayes... dont la provenance résonne comme autant d'invitations au voyage : Brésil, Madagascar, Inde, Chine, Indonésie, Philippines... 

    Le jacuzzi naturel d'Alfredo.

           Se baigner dans un jacuzzi naturel :

         Au fond de la propriété d'Alfredo coule une rivière. Sur son parcours, celle-ci rencontre avec force des roches volcaniques qu'elle a creusées au cours des siècles. Ainsi sont apparues plusieurs "baignoires" où l'eau tourbillonne. La vitesse du courant fait que l'eau y est "fraîche" et on hésite un peu avant de s'y plonger... Le premier moment de surprise passé, le plaisir procuré par l'eau qui vous masse est délicieux. Et rien de tel pour vous revigorer en fin de journée après avoir longtemps marché  en forêt ! 

        Bavarder  : sans doute parce qu'il reste parfois des jours sans voir personne, Alfredo adore parler, de tout et de rien. On a ainsi passé des heures pour comprendre ce qui le faisait "tenir" ici depuis trente ans, car enfin venir faire un petit tour dans la forêt puis repartir vers son confort c'est à la portée de tout un chacun, mais y demeurer jour après jour, qu'il pleuve des trombes d'eau parfois, qu'il faille apporter à dos d'homme la moindre bricole nécessaire pour vivre, que la conscience des risques soit intégrée à chaque acte de la vie, ça c'est une autre paire de manche !... Alfredo explique alors tranquillement que nous avons tous un rôle à jouer sur Terre et que le sien est de protéger ce coin de forêt ; il est conforté dans cette idée par le fait que rien de grave ne lui soit arrivé, qu'il a toujours su réagir à temps pour redresser une situation périlleuse : il est donc fait pour le rôle ! 

         Je crois qu'il aime par dessus tout que le jour qui vient soit différent de la veille. Jusqu'à dix heures, il ne prend aucune décision ; il est disponible : si les gardes forestiers de la station Los Planes l'appellent sur sa radio pour lui annoncer que des gens souhaitent venir passer quelques jours chez lui, il se met en route sans tarder pour aller les accueillir ; sinon, il reste pour soigner ses arbres fruitiers, réparer son toit ou... écouter de la musique. 

          Quand, naïvement, je lui ai proposé de faire plus connaître son projet de vie tant il me paraît original, il a souri et m'a sorti ses Livres d'or où on peut constater que, depuis vingt ans, on vient lui rendre visite depuis tout le continent américain, bien sûr, mais aussi d'Europe, d'Israël, de Russie, de Chine... et cela uniquement par le "bouche-à-oreille". Il ne veut en aucun cas voir débarquer dans son petit paradis des ribambelles de touristes qui viendraient ici comme on va à la fabrique de souvenirs. Il souhaite que chaque visiteur ait préparé son séjour chez lui, se soit posé des questions sur ce qu'il allait y faire et, accessoirement, qu'il ait sué sur le sentier ! 

     

    POUR LE LIVRE D'OR D'ALFREDO

    Un rockero viviendo en la jungla ?

    es posible ! 

    Un sembrador de ideas nuevas de 58 anos ? 

    claro que si ! 

    Un hombre que tiene sus dos piés en la tierra de su finca forestal y la cabeza en las estrellas ? 

    sé donde hay uno ! 

    Un sabio con 30 anos de experiencia trabajando con la energia de sus 20 ?

    lo encontré !

    Vive en su PARAISO VERDE.

    Que suerte tengo de conocerle !  

     

    INFOS PRATIQUES : 

       Vous l'aurez compris, Alfredo ne veut pas qu'on divulgue son numéro de portable (si, si, il en a réellement un ! mais qui n'accroche une antenne que  lorsqu'il sort de ses 45 ha de forêt...). Si vous souhaitez lui rendre visite, faites-le moi savoir par le formulaire de contact du blog en précisant la date, la durée du séjour sur place, le nombre de personnes ; ajoutez-y quelques mots sur vous-mêmes et les raisons qui vous donnent envie d'y aller (ce n'est pas une lettre de motivation, mais presque...). Je le contacterai alors pour savoir ses disponibilités. 

         Au départ de San Jose : 

    Bus TRACOPA (site web : www.tracopacr.com), Tél. 2221-4214, Calle 5, entre les Avenidas 18 et 20. Prix du billet : 6 000 colones. Départ à 5h du matin, arrivée à Palmar Norte à 11h30. 

    Taxi colectivo pour rejoindre Sierpe : le prendre devant la Villa Chica, 2 500 colones par personne, 30 mn. 

    Bateau à Sierpe pour Bahia Drake : sur le quai, demander Elijio ou Rafa ; 7 500 colones, 1h30 de trajet. Il n'y a pas de quai à Bahia Drake : se mettre en short ou remonter son pantalon car on débarque à quelques mètres de la plage. 

    Alfredo, le rocker du Corcovado...

    Chercher, devant la pulperia, le Galloper bleu nuit de Bolivar, petit homme sympathique, pour aller jusqu'à la station des gardes forestiers de Los Planes : 12 000 colones pour deux, 1/2h de piste. 

    Alfredo vient accueillir ses visiteurs à la station. 

    Coût du séjour (Tout inclus : accompagnement aller/retour, hébergement en tente 2 personnes avec moustiquaire sur plate-forme bois, nourriture, guidage à volonté, conversation espagnol/anglais) : 20 à 25 000 colones par personne et par jour ; en fait, cela dépend de la quantité de victuailles que l'on peut apporter avec soi ; à négocier à l'avance avec Alfredo.  


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  •          Depuis quelques jours, on est à Samara, au bord du Pacifique avec la p'tite famille d'Emilio, le fils de Mayela. On joue notre rôle de grands-parents avec bonheur : quand Marcelo a trop chaud, quand il a faim ou soif, c'est à ses parents de s'en occuper : normal ! nous, on veut bien le promener, jouer avec lui ou le prendre en photos sous toutes les coutures ! Quoi de plus juste ! On a déjà donné pour les réveils brumeux en pleine nuit et les changes avec paquet-surprise...

        On est à cinquante mètres de la plage, dans des petites maisons simples mais comprenant tout le nécessaire. La vie s'écoule doucement entre balades les pieds dans l'eau, observation attentive des iguanes qui paressent au soleil sur les toits et les terrasses, admiration pour les écureuils grimpant aux cocotiers, contemplation béate des couchers de soleil...

    Coucher de soleil à Samara.

    Il fait entre 25 et 30 degrés ; la mer est douce ; on vous attend ! (Il reste encore des maisons inoccupées).    

           Il existe au Costa Rica au moins trois zones comparables à notre Camargue : un fleuve puissant qui, avant de se jeter dans l' océan, se divise en plusieurs bras enserrant une multitude d' îles ; c'est le cas du rio San Juan au nord-est, du Sierpe dans la péninsule d'Osa et du Tempisque au fond du golfe de Nicoya. Nous sommes allés passer deux jours dans un lodge de cette dernière région ; il est situé à Puerto Humo             Avant d'y parvenir, on vous demande de confier votre voiture à un employé de l'hôtel puis de monter à bord du bateau à moteur qui vous attend sous le Pont de l'Amitié enjambant le Tempisque. Commence alors une balade d'une petite heure au cours de laquelle vous allez serpenter entre les îles. De chaque côté, la forêt dense vient jusqu'au bord du fleuve en prenant la forme d'une mangrove ; on n'aperçoit aucun village. La surface de l'eau est très calme mais on devine qu'il n'en est sans doute pas toujours ainsi... La chaleur de la mi-journée oblige les oiseaux à rester sous le couvert végétal. Puis l'embarcadère de Puerto Humo apparaît ("humo" veut dire "fumée" en espagnol. Le guide nous a expliqué au cours du voyage que, les villages étant si bien cachés dans la forêt, il était nécessaire autrefois de les signaler par des volutes de fumée aux bateaux qui les ravitaillaient).       

            Au sortir du bateau, une "mule" nous attend : il s'agit d'une sorte de petite Land Rover, très utilisée dans les endroits difficiles d'accès ; on se juche sur l'engin qui nous gratifie d'un quart d'heure de "panier à salade" avant d'arriver à destination.     

             Le premier jour, tôt le matin, on a fait une excursion sur le fleuve pour observer les animaux. Le guide est originaire du village même et connaît bien son sujet. Nous laissant glisser au fil de l'eau, on s'arrête d'abord devant la bien-nommée "île aux oiseaux". On n'a pas le droit d'y aborder ; seuls, les scientifiques viennent une fois par an y faire des comptages. Novembre-Décembre est l'époque où les oiseaux construisent leur nid : cette charge incombe pour la plus grande partie au mâle ; le plus intéressant est qu'ils vont chercher les matériaux nécessaires en dehors de l'île (pour ne pas abîmer leur lieu de vie en quelque sorte) ; on assiste ainsi à un ballet incessant accompagné de sons plus ou moins mélodieux. Saison sèche ou humide, les oiseaux choisissent le versant de l'île le plus abrité du vent et de la pluie. En fait, le seul danger qui les guette est au sol, tapi dans la végétation du bord de l'eau, semblable à un vieux tronc oublié : monseigneur Crocodile ! Il est patient, très patient mais dès lors que l'oiseau se pose en étourdi à proximité, il n'a pratiquement plus aucune chance... Dans l'eau, le saurien passe encore plus inaperçu : de légères rides apparaissent parfois à la surface de l'eau ; puis un V se forme quand il se déplace ; seule alors se distingue la protubérance des yeux : il est "caïman" invisible le crocodile chasseur. Récemment, leur nombre ayant fortement augmenté, ils se sont mis à dévorer leurs petits : autre façon de voir le contrôle des naissances...    

          La quantité d'oiseaux différents qu'on rencontre dans cette zone est proprement surprenante :

    Garça au décollage.

     Enormes jabirus pensifs qui se reproduisent uniquement sur cette île, garcetas blanches qui prennent une couleur gris-bleu en vieillissant, jacanas délicates, grandes garcetas au cou si tordu qu'on se demande comment elles font pour avaler le poisson, garcillas vertes aux couleurs exhubérantes, grands anhingas noirs au bec redoutable en forme de dague effilée chassant le corps entre deux eaux, grands martinets à la tête blanche et noire aux dessins impressionnants, blanches cigognes d'Amérique dont on découvre les plumes noires quand elles s'envolent, ibis blancs au long bec rouge, pijijes grégaires volant à la manière de nos cols-verts, caraos couleur café criant comme un pneu qui crisse sur l'asphalte, minuscules colibrís aux tons bleus-verts plongeant tête la première dans les fleurs de la mangrove, élégantes spatules roses... 

    Spatule rose.

     

           Les oiseaux ne sont pas les seuls habitants de ces îles parsemant l'estuaire du Tempisque : en plus des crocodiles, qui ont déjà mobilisé notre attention, on peut y rencontrer des serpents bien sûr (que nous n'avons pas cherché à déranger...), quelques rares cochons sauvages (décimés par la chasse locale, bien qu'interdite), des iguanes enfin. Ces petits monstres préhistoriques commençaient leur période d'accouplement ; pour attirer les sept ou huit femelles qui vont avoir recours à ses services, Monsieur se met en habit d'apparat : son corps, d'habitude verdâtre, prend peu à peu toutes les teintes orangées possibles ; positionné bien en vue sur une branche basse au-dessus de l'eau, il attend que Madame se manifeste... Mais si c'est vous qui vous approchez, vous pouvez être sûr qu'il va montrer son désappointement par des hochements de tête ; n'insistez pas : vous ne lui ferez pas prendre des vessies pour des lanternes...       

           Le lendemain, on est réveillés par les cris gutturaux des singes congos cachés dans les arbres de la forêt voisine et les beuglements des vaches de la ferme d'à-côté. Pas grave ! on a rendez-vous à 7h avec Alexander pour faire une balade en "mule" sur les digues de la zone humide du domaine. Quand le maître des lieux est arrivé sur place, on ne pouvait s'y déplacer qu'à cheval et, parfois, en ouvrant son chemin à la machette. Les 1 000 ha étaient couverts de mauvaises herbes et ressemblaient à des marécages. Peu à peu, bien aidé par les campesinos du coin, il a assaini le terrain : en retirant le maximum de terre des marais, il a créé des digues pour séparer ses différentes parcelles (aujourd'hui, elles représentent un total de 27 kms ! ) puis, sacrifiant les zones les plus basses, il les a inondées par l'eau en excédent qui arrive par un réseau de canaux des parties plus hautes. La tâche fut ardue mais le résultat est là : un paysage magnifique alternant les prés où paissent tranquillement vaches et taureaux et les grandes étendues d'eau miroitant au soleil.

     PUERTO HUMO : zones humides

    On y a vu pratiquement les mêmes oiseaux que la veille : la seule différence est qu'ils viennent ici pour pêcher, se nourrir et non pas nicher ou couver. Ainsi a-t-on pu observer longuement la technique de pêche de l'anhinga, une espèce de cormoran qui fait bien ses 70 cm d'envergure : vous ne voyez de loin qu'un cou prolongé d'une tête pointue qui disparaissent à votre approche ; il s'est complètement immergé à la recherche d'une proie qu'il va transpercer de son bec effilé ; il peut rester sous l'eau plusieurs minutes et ne ressortira jamais là où vous l'attendez ! seul, un gloup vous avertira à nouveau de sa présence derrière un massif d'herbes aquatiques. Cette zone est aussi habitée par les caïmans : vous ne les voyez pratiquement pas ; vous les devinez : à la masse d'eau mise en mouvement quand ils plongent et au bruit ! Le guide nous a précisé que le moment où on pouvait le plus facilement les voir était la nuit : ils adorent, parait-il, venir s'allonger sur les digues pour profiter du clair de lune... Beaucoup plus inoffensifs, on a aperçu de loin dans les hautes herbes, des venados (espèce de chevreuils à la queue blanche) et des cochons sauvages qui s'enfuyaient à notre aproche : il est vrai que la "mule" fait un tel boucan qu'il nous fut bien difficile de rester discrets ; la prochaine fois, nous opterons pour le cheval ou la marche à pied.


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  •        Le plus grand Parc du Costa Rica est celui de l'Amitié qu'il a créé conjointement avec le Panama voisin ; c'est donc aussi un Parc International. Situé dans la Cordillère de la Talamanca, l' accès en est difficile et donc peu de gens vont le visiter : nous avons eu l'occasion de le vérifier...

         Après avoir étudié la carte, nous avons décidé d'y pénétrer par la région de San Vito (Une autre porte d'entrée possible se trouve près de Buenos Aires : oui, je le constate régulièrement, les Ticos ont la drôle d' habitude de donner des noms étrangers à leurs bourgades : on a ainsi une Managua, une Suiza, une Cartago, une Londres... je n'ai pas encore trouvé de Paris, mais je ne désespère pas !). Revenons à nos moutons : San Vito est une petite ville sympa près de la frontière panaméenne qui fut créée de toutes pièces par des immigrés italiens après la Seconde guerre mondiale ; dans son unique musée, des photos racontent l'épopée : on y voit notamment des véhicules mi-camions mi-tracteurs se frayer un chemin à travers montagne et forêt après que des hommes armés de pioches et de pelles aient fait un semblant de terrassement. Aujourd'hui, merci aux Anciens ! la route est de toute beauté : depuis la vallée du fleuve Terraba, elle monte en se coulant dans le relief ; ici, pas de tunnel ou de pont qui viennent raccourcir le trajet ; on serpente d'une colline à l'autre en s'élevant tranquillement jusqu'au point le plus élevé ; et alors là est la surprise : vous pensiez arriver à un col, et c'est une épine dorsale ! de chaque côté, vous apercevez une vallée, ample à gauche, plus resserrée à droite, et la route qui file devant vous épousant la crête ... Paysages magnifiques : on en prend plein la vue ! et cette impression de chevaucher la montagne... génial !

           A San Vito, on cherche désespérément l'Office du Tourisme avant d'apprendre qu'il n'y en a pas... On se rabat sur la Mairie : bonne idée, on nous oriente vers la chargée de l'environnement. On lui explique qu'on veut aller marcher dans le Parc de l'Amitié et que l'on souhaite trouver un hébergement le plus près possible de l'entrée du Parc. Pas de problème, elle en connaît un qui lui est contigu : rustique mais avec une vue splendide et, dit-elle, "Vous pouvez y monter avec votre Tucson" (qui n'est pas un 4x4). La miss, elle a raison pour le premier quart d'heure : route asphaltée grossièrement, pas de problème. C'est après que ça se complique : on rencontre d'abord une zone de gravillons ; il faut rouler doucement, sinon ça gicle de tous les côtés dans un boucan d'enfer mais, bon, ça passe. Ensuite, ça se corse avec des pierres énormes au milieu du chemin : on les contourne quand on peut sinon, tout doucement, on les escalade, on passe par-dessus en priant pour que rien ne touche ! On traverse une rivière : heureusement, il n'a pas plu depuis plusieurs jours...  Maintenant, il va falloir sortir de cette vallée profonde : la pente est impressionnante ; souvent, le Tucson est à la limite de ses capacités ; surtout, ne pas s'arrêter, ne pas caler, sinon on est bons pour redescendre en marche arrière jusqu'au fond du "trou" ! Finalement, vaille que vaille, ça passe ; il ne nous reste plus qu'à dégringoler de l'autre côté, de préférence en douceur ; on aperçoit déjà notre hébergement, el Hospedaje del Cerro Pittier.  N'importe comment, la piste ne va pas plus loin ! On a royalement fait 27 kms en plus de deux heures : on est au bout du monde.

    Paysage pres du Cerro Pittier

             Yamileth et Olivio nous accueillent dans le petit paradis coloré qu'ils se sont créé à 1500m d'altitude après beaucoup d'années de travail. Quand on leur raconte par où on est passés pour venir jusqu'à eux, ils marquent leur surprise : il existe un chemin plus court et moins risqué qui permet de contourner la dernière montagne escaladée ; à San Vito, ils ne semblent pas le connaître puisqu'on a suivi scrupuleusement leurs indications... Leur propriété est collée contre le Parc International de l'Amitié ; elle est constituée d'une grande cuisine campagnarde indépendante, d'un lodge en bois de deux étages où peuvent loger seize personnes avec tout le nécessaire (cuisine, salles de bain, wc, tv, Internet), d'une maisonnette, sans cuisine, pour deux personnes, le tout posé sur une plate-forme dominant la vallée. Un grand jardin agrémenté de fleurs permet de subvenir aux besoins des visiteurs.

    Fleur dans le jardin de Jamilet et Olivio

             L'évolution professionnelle de ce couple de Ticos d'une cinquantaine d'années est typique de ce que sont capables de faire les Costaricains pour s'en sortir. Tout jeune, Olivio, qui vivait tout près avec ses parents, s'en fut défricher la forêt pour créer sa propre finca ; c'était alors une pratique courante. Quand le gouvernement décida de créer le Parc International de l'Amitié, il y inclut la petite propriété d'Olivio mais compensa cette perte en lui attribuant plusieurs dizaines d'hectares inexploités en dehors de son périmètre. Le couple mit alors toute son énergie dans l'élevage de vaches et de porcs. Au fil du temps, de plus en plus de Ticos venaient visiter le Parc de l'Amitié, mais ils ne trouvaient rien pour se restaurer à proximité ; Yamileth saisit l'occasion pour ouvrir un petit resto sur un de leurs terrains jouxtant le Parc et Olivio eut l'idée de créer un élevage de truites et de tilapias en récupérant l'eau qui sourt de toutes parts. Les Ticos de la région prirent l'habitude d'y venir en fin de semaine : balade dans le Parc, séance de pêche au soleil, dégustation du poisson en famille ou entre amis, tout était réuni pour passer un bon moment. Voici cinq ans, le fils du couple prit la succession de son père pour gérer la finca et Olivio put se consacrer pleinement à la construction du lodge et au développement du jardin. Aujourd'hui, la seule chose qui leur manque pour permettre à plus de gens de leur rendre visite, c'est une route digne de ce nom, mais cela n'est pas de leur ressort...

    Parc de l'Amitié prés du Cerro Pittier

           Le premier jour de notre séjour, Yamileth nous propose d'aller randonner dans le Parc jusqu'à un rio qui le traverse et de s'y baigner ; l'idée nous séduit. Nous marchons depuis à peine vingt minutes ; notre guide soudain s'arrête pour nous montrer des traces au sol : celles qu'un tapir a laissées durant sa sortie nocturne ; en poursuivant notre chemin, nous retrouvons par-ci par-là les mêmes empreintes, plus ou moins marquées suivant la nature du terrain. Puis d'autres traces apparaissent, plus légères : elles nous sont presque familières, comme celles d'un (gros !) chat : Yamileth précise qu'il s'agit d'un puma ! Un peu plus loin, les empreintes du tapir s'enfoncent dans la boue puis virent à 90 degrés en direction du taillis où elles disparaissent : on ne saura jamais s'il a réussi à échapper au félin... Les singes carablancas que nous apercevons ensuite en haut des arbres semblent plutôt d'humeur joueuse, mais mieux vaut ne pas trop s'y fier : parfois, quand vous êtes tout à votre admiration béate de leurs mimiques rigolotes, l'idée leur prend de vous pisser dessus ! Nous passons notre chemin. Au bout du sentier, très bien entretenu, nous arrivons au rio promis : sous des frondaisons exhubérantes, coule en cascade une eau tonique parmi un amoncellement de roches : la lumière du jour donne à l'endroit une couleur vivifiante. Yamileth s'y plonge ; Mayela la suit avec un peu d'appréhension quant à la température de l'eau ; je reste prudemment au bord : il faut bien quelqu'un pour immortaliser le moment en photos !

    Le rio de Jamilet

           Le lendemain, direction la cascade, toujours accompagnés de Yamileth. Au Costa Rica, les cascades, ce n'est pas ce qui manque ! celle-ci a la particularité de faire un boucan du diable car l'eau tombe sur de nombreux rochers. Durant la randonnée, notre guide nous confie que, de temps en temps, ils ont des envies d'ailleurs, ce qui est bien normal après tant d'années de travail ; ils laissent alors la gestion de leur lodge et toutes ses dépendances pour 1 000 $ par mois à ceux que cela intéresse.

             Après avoir fait part à nos hôtes de notre désir de connaître la deuxième entrée du Parc pour la région, Altamira, Olivio nous indique brièvement le chemin du haut de sa montagne. Les cinq premiers kms se passent  sans problème ; après, c'est une toute autre histoire : aux difficultés mentionnées dans l'épisode précédent s'ajoutent maintenant les ornières ; il n'est pas rare qu'elles atteignent cinquante cm de profondeur : mieux vaut ne pas mettre une roue dedans ! Mayela marche alors devant la voiture et me guide dans les passages difficiles car j'apprécie mal la largeur du véhicule : entre deux ornières, il ne nous reste parfois que dix cm de chaque côté pour passer. Le cauchemar dure bien cinq kms, avant de retrouver une piste plus facile. Enfin, relativement : j'allais oublier la pente terminée par un virage ; il a fallu que je m'y prenne à deux fois ! Ce jour encore, on met 2h pour faire 25 kms, pas de quoi se vanter !

             Quand vous arrivez à la communauté d'Altamira (district de Biolley), vous ne pouvez pas rater l'hébergement que les femmes de la région ont créé (Association ASOPROLA : 2200-5355) : on voit d'abord comme une espèce de champignon géant qui a poussé le bord de l'unique rue du village (c'est en fait l'arrêt de bus ! ).

    Entree de l'hebergement d'ASOPROLA

          Plus en retrait, dans la verdure, on distingue la construction principale : elle aussi semble originale ; il s'agit de la salle à manger organisée autour du foyer de la cheminée ; les colonnes, les tables et les sièges ressemblent à des sculptures baroques tapissées de mosaïques dans le style espagnol de Gaudi ; alentour, on aperçoit des réalisations mêlant pneus usagés, bouteilles multicolores et galets de rivière peints ; plus tard, on découvrira que tout ceci est l'oeuvre de Pancho, un artiste local, bien aidé par les jeunes volontaires qui viennent, attirés par l'esprit du lieu : solidarité, conscience environnementale et recherche d'une démarche personnelle originale. Les nanas de cette association semblent avoir un sacré tempérament : elles organisent la production de café (en n'utilisant qu'un compost local pour fertiliser le sol), de confitures avec des fruits produits sur place, de yaourts et de glaces provenant du lait collecté dans les fincas environnantes ; elles gèrent des serres permettant de reboiser des terrains abandonnés avec des espèces natives ; elles collectent et vendent des objets artisanaux réalisés sur place en matériaux recyclables ; et ne craignent pas d'employer des hommes quand ils peuvent leur être utiles...!

                  Milton nous a emmenés dans son vieux pick-up Toyota pour rejoindre l'entrée Altamira du Parc de l'Amitié ; et on a bien fait de louer ses services : notre Tucson n'aurait jamais franchi les trois kms qui nous en séparaient... Depuis le poste des gardes-forestiers, partent deux sentiers : celui dit des 'Géants de la Forêt" (que nous avons fait) et celui de "La Vallée du Silence" (35 kms aller-retour ; 2-3 jours de marche). Grâce à la petite documentation qui vous est remise, vous apprenez à reconnaître, au cours de votre randonnée, le "barbasco" (plante dont la sève toxique permettait aux Indigènes de pêcher), le guarumo (le paresseux rafole de ses grandes feuilles comme somnifère), la platanilla (qui sait s'y prendre pour attirer les colibris), le bejuco dont on fait des paniers (ses lianes partent du sol pour atteindre le sommet des arbres), enfin l'ancêtre de la forêt, contemporain des mamouths, apparu alors que les montagnes proches étaient encore couvertes de glace !

    Sentier des Geants de la forét á Altamira

               Par chance, le retour à la "civilisation" se fit par une piste plus "normale" : peu de pierres, presque pas de trous au milieu du chemin, le revêtement est la plupart du temps fait de gravillons ; facile à négocier dans le sens de la descente (Altamira > route San Vito-Paso Real), cela reste à vérifier pour un véhicule ordinaire dans le sens de la montée...

              EPILOGUE (en guise d'avertissement) : au retour, sur une route "on-ne-peut-plus-correcte", le levier du changement de vitesse est soudain resté bloqué entre la 3è et la 4è... Dépanneuse. Verdict du mécano : usure prématurée de l'embrayage (40 000 kms) pour utilisation inadéquate du véhicule ! autrement dit, on n'aurait jamais du emprunter de telles pistes. Rétrospectivement, on se dit qu'on a eu de la chance de ne pas casser  à flanc de montagne, loin de tout garage...


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